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formes au goût de ceux qui voulaient que l’art fût reli-gieux et traditionnel avant tout, tandis que celles demoyennes dimensions, comme la Minerve en bronze,connue dans l’antiquité sous le nom de la belle Lem-nienne, semblait étre~sinon une conception originale,du moins le développement plus personnel d’un idéalcontenu en germe dans un type antérieur. Aussi l’ar-tiste y avait-il gravé son nom, en témoignage de lasatisfaction qu’il s’était donnée à lui-môme, par lacréation de ce chef-d’œuvre.
Un bizarre caprice du sort a voulu que les ouvragesdes sculpteurs égyptiens et assyriens aient été plusépargnés que ceux de Phidias, dont pas un seul, àl’exception de sa part indéterminée dans les sculpturesdu Parthénon, n’a échappé aux ravages combinés dutemps et des barbares. Pour apprécier son génie, noussommes réduits à des copies qui sont toutes d’unedate postérieure, et dont il est souvent difficile de dé-terminer les rapports exacts avec les originaux. Laplus célèbre de ces copies est sans contredit la Minervedu Vatican, dans laquelle se trouvent si bien expriméstous les attributs qui ont fait de cette déesse le pointculminant de l’idéal chez les Grecs. Au premier coupd’œil, on voit que la grâce féminine est ce qui a lemoins préoccupé l’artiste. C’est une beauté virginaleet presque sévère, et tout est calculé pour faire ressor-tir ce double caractère, la pureté des lignes du front,la forme presque cubique du menton, la direction duregard et surtout l’expression de la bouche, où l’on re-