VI
l’art chrétien.
trop d’importance, de compromettre l’idéal qu’il pour-suit. Son thème de prédilection, c’est le dévoûment,mais le dévoûment ennobli et presque sanctifié parl’accomplissement d’un devoir, ce qui donne à ses per-sonnages une dignité qui semble parfois les élever au-dessus de la nature humaine.
Mais ceci ne constitue, entre la statuaire et la tragé-die grecque, qu’un rapport purement négatif. Il y en aun autre qu’il est encore plus important de faire res-sortir. Nous avons dit que la Minerve était le typefavori de l’école de Phidias, et nous savons qu’il coulaou sculpta au moins neuf fois la statue de cette déesse,tant pour Athènes dont elle était la divinité tutélaire,que pour les autres villes de la Grèce. Ces diverses sta-tues, loin d’être la reproduction d’un même modèle,différaient les unes des autres ou par les dimensions,ou par les attributs, ou par le caractère, ici plus ar-chaïque, là plus adouci, ou enfin par la manière, quivaria plus d’une fois pendant la longue carrière del’artiste. On dirait qu’il se fût proposé le même pro-blème que devaient se proposer plus tard les écoles depeinture les mieux inspirées, savoir : de concilier,autant que possible, l’action du génie personnel avecle respect pour les types consacrés par une vénérationimmémoriale.
Autant qu’on en peut juger par les médailles, par lespierres gravées et par les descriptions incomplètes quinous ont été transmises, les statues colossales, commecelles de l’Acropole et du Parthénon, étaient plus cou-