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1 (1861)
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INTRODUCTION.

V

vaillait. Le type quelle sattacha le plus à perfectionneret quelle reproduisit le plus souvent, fut la Minerve,tandis que la Vénus, idole favorite des époques de dé-cadence, était traitée comme une déesse subalternedont le culte nétait pas sans charmes, mais dont lin-vocation ne pouvait inspirer à un peuple qui se croyaitdestiné à de grandes choses, aucune des vertus dont ilsentait le besoin; ou, sil y eut une Vénus pour lessculpteurs de cette grande époque, ce fut la Vénus Cé-leste ou Vénus Uranie, comme celle que Phidias sculptapour le Céramique dAthènes, et qui navait rien decommun que le nom avec la Vénus Callipyge, ni avecla Vénus de Médicis. Le costume surtout était très-dif-férent, attendu que les artistes de lécole dont nousparlons dédaignaient ou ne savaient pas apprécier lescharmes du nu, excepté dans ses rapports avec lesexercices gymnastiques (1).

À cette dépréciation de la déesse des amours danslart plastique et toreutique, correspondait, dans lartdramatique, une dépréciation analogue de lamourmême et une sorte dindifférence pour les grands effetstragiques quil est si facile den tirer. Il faut voir dansSophocle et particulièrement dans son Antigone, avecquel sublime dédain ce génie, à la fois si grand et sipur, passe devant cette passion, quand elle se rencontresur son chemin. On dirait qull craint, en lui donnant

(1) Voir lexcellent ouvrage dOttfried Millier, Handbuch der Ar-chciologie der Kunst, p. 575-S83.