INTRODUCTION.
V
vaillait. Le type qu’elle s’attacha le plus à perfectionneret qu’elle reproduisit le plus souvent, fut la Minerve,tandis que la Vénus, idole favorite des époques de dé-cadence, était traitée comme une déesse subalternedont le culte n’était pas sans charmes, mais dont l’in-vocation ne pouvait inspirer à un peuple qui se croyaitdestiné à de grandes choses, aucune des vertus dont ilsentait le besoin; ou, s’il y eut une Vénus pour lessculpteurs de cette grande époque, ce fut la Vénus Cé-leste ou Vénus Uranie, comme celle que Phidias sculptapour le Céramique d’Athènes, et qui n’avait rien decommun que le nom avec la Vénus Callipyge, ni avecla Vénus de Médicis. Le costume surtout était très-dif-férent, attendu que les artistes de l’école dont nousparlons dédaignaient ou ne savaient pas apprécier lescharmes du nu, excepté dans ses rapports avec lesexercices gymnastiques (1).
À cette dépréciation de la déesse des amours dansl’art plastique et toreutique, correspondait, dans l’artdramatique, une dépréciation analogue de l’amourmême et une sorte d’indifférence pour les grands effetstragiques qu’il est si facile d’en tirer. Il faut voir dansSophocle et particulièrement dans son Antigone, avecquel sublime dédain ce génie, à la fois si grand et sipur, passe devant cette passion, quand elle se rencontresur son chemin. On dirait qull craint, en lui donnant
(1) Voir l’excellent ouvrage d’Ottfried Millier, Handbuch der Ar-chciologie der Kunst, p. 575-S83.