IV
l’art chrétien.
qui couvrait la plus belle des harmonies, naquit unealliance plus intime qu’on 11e la vit jamais, entre 1 art,la poésie, la philosophie et l’histoire, mais particuliè-rement entre les deux premières, parce que, outre leurstendances et leurs inspirations communes, elles opérè-rent souvent sur des matériaux identiques.
L’espèce de poésie dont je veux parler ici n’est nila poésie lyrique, ni la poésie épique, dont le tempsétait passé, mais la poésie dramatique qui, en emprun-tant presque toujours ses personnages aux temps hé-roïques de la Grèce et en faisant souvent intervenir lesdieux eux-mêmes, s’émancipa heureusement des en-traves de la vie réelle et fit poser, agir et parler seshéros, comme s’ils n’avaient nul compte à rendre auspectateur vulgaire de leur pose, de leur action, ni deleur langage. C’était l’application de l’idéal à une re-présentation plus vivante que celle qui se faisait par lasculpture ou par la peinture. Seulement cet idéal nes’occupait pas de la perfection des formes ni de labeauté des proportions ; mais il n’en était pas moins àla fois l’auxiliaire, le reflet et comme le supplément dela statuaire.
D’autres rapports plus curieux encore existaiententre les œuvres plastiques et les œuvres dramatiques,tant qu’elles relevèrent les unes et les autres de la re-ligion nationale. La grande école de Phidias ne glorifiapas indistinctement toutes les divinités de l’Olympe,mais elle choisit parmi elles ses types de prédilection,qui étaient aussi ceux du peuple pour lequel il tra-