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7 (1740) Lettres P - SEG
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R U P

R U P. R U R. RUS.

poffédoit en qualité de Duc ou de Gouverneur. Pendanttout le régne de Childebett II, ce païs-Ià n'eut point d’autresDucs que Garibaud & Taffilon. Il faut donc rapporter l’Apo-ftolat de Rupert dans la Bavière, au tenis de Childebert III,qui fut Roi depuis l’an 69 5, jufqu’en 71 r, & fous lequel ontrouve un Théodon, Duc de Bavière, & Père de Théodébert& de Grimoald, aufquels il fit part de fon Duché, & qui luifuccéda après fa mort. Saint Rupert , attiré par Théodon,Duc de Bavière , dans fon pa’is, l’alla trouver à Ratisbonne;& après l’avoir inftruit dans les Myftéres de la Foi, il le bati-fa avec un grand nombre de personnes de toutes fortes deconditions, qui fuivirent l’exemple de leur Prince. Le Saintcontinua fes prédications à Lorchet & à Jevave. Il s’arrêtadans cette dernière ville, qui a été depuis appellée Saltzbourg,& il y bâtit l’Eglife de S. Pierre, où il fixa fon Siège Epifcopal.Pour deffervir cette Eglife, & pour chanter l’Office, il y éta-blit une Communauté d’Eccléfiaftiques, qui étoient Moines.Telle eft l’origine de la célébré Abbaye de S. Pierre de Saltz-bourg. Après de fi heureux commencemens, Rupert alla enfon païs, & en amena douze Prédicateurs. Il fonda encoredans le territoire de Saltzbourg, parla libéralité du Duc Théo-don & de deux de fes Sujets, un Monaftére, fous l’invoca-tion de Saint Maximilien, & il y mit des Religieufes pour cé-lébrer l’Office Divin. Ce faint homme bâtit encore l’Abbayede Nunberg, & mourut le 27 Mars 718. *Dom Mabillon, A-ffes des Saints.

* RUPERT (Ordre de Saint) Ordre de Chevalerie éri-gé en 1701, par Jean Erneit, Comte de Thun & Archevêquede Saltzbourg. Il l’inftitua à l’honneur de S. Rupert avec leconfentement de l’Empereur. Le nombre des Chevaliers eftde douze, & ils doivent être d’extraélion noble. La marquede l’Ordre eft une médaille avec l’effigie de S. Rupert d’uncôté, & une croix rouge de l’autre. Les revenus de l’Ordrefont de douze mille rifdales. * Gr. Diff. Univ. Holl.

RUPERT, Abbé de Limbourg au Diocéfe deSpire, noncontent de défendre à fes Moines i’ufage des viandes, voulutencore leur ôter celui du poiffon , des œufs, des laitages &du vin, fous prétexte de quelque révélation qu’il difoit avoireue. Tous les Moines fe récrièrent contre cette innovation,& firent reléguer Rupert par l’Evêque du lieu. Ayant été rap-pellé peu après, il perfifta dans fon premier deflein jufqu’à lamort, & endura de longues perfécutions. 11 floriflbit vers Pan1124, & a écrit des Commentaires fur le Cantique des Canti-ques. * Chrnnic . Hirfaug.

RUPERT, Abbé de Deutfch, célébré par fa fcience &par fa piété dans le XII fiécle, étoit originaire de Flandre, &né dans le territoire d’ipres. Il prit l’habit de Religieux deSaint Benoît, étant encore très jeune, au Monaftére de Saint-Laurent d’Oesbourg près d’Utrecht; & pour s’avancer dans lesétudes, principalement dans l’intelligence de l’Ecriture Sain-te , il n’épargna ni veilles ni application. On dit néanmoinsque fon travail eut fi peu de fuccès, qu’il defefpéroit de pou-voir jamais rien apprendre, il fut, à ce qu’on dit, infpiré des’adreffer à la Sainte Vierge, qui lui apparut, & lui promit delui accorder la grâce qu’il lui avoit demandée. Depuis ce jouril apprit tout ce qu’il vouloit favoir, avec tant de facilité, qu’ildevint l’admiration de fon fiécle , & l’homme du monde leplus intelligent dans l’Ecriture Sainte. Sa profonde fcience ,jointe à fa piété, lui acquit une grande réputation, & obligeaFrédéric, Archevêque de Cologne, de le tirer de fon Cloîtrepour le faire Abbé de Deutfch. Rupert mourut le onzième Fé-vrier 1135, âgé de 44 ans. Nous avons diverfes éditions defes Ouvrages à Cologne, à Louvain & à Paris en 1638, en deuxvolumes, qui comprennent 42 Livres de la Trinité ; des Com-mentaires ; des Traitez de Théologie; & quelques Vies desSaints. Les Commentaires de Rupert de Deutfch fur l’Ecritu-re Sainte font d’un nouveau genre. Les anciens Pères, dansleurs Commentaires fur les Livres Sacrez, expliquoient l’Ecri-ture Sainte littéralement ou allégoriquement; les Auteurs duVIII & du IX fiécles n’ont fait que compiler & recueillir di-vers Commentaires des Pères. Rupert a fuivi une autre Mé-thode conforme à celle dont il a traité la Théologie Scholafti-que, en expliquant l’Ecriture par les Principes de la Dialeéti-que, en agitant diverfes quellions fubtiles touchant les Dog-mes , & en s’étendant fur des Lieux communs Le principalOuvrage de Théologie de Rupert eft fon Traité DcOjficiis. *'Honoré d’Autun , de Lumin Ecclef. lïbel. 4. cap. 16. Trithême &Bellarmin, de Script Ecclef. Sixte de Sienne. Molanus. HuguesMénard. Poffevin. Valére André, Bîbliotb. Belgica, p. 804 &805. Voffius &c.

RUPERT (Chriftophle-Adam) d’Altorf, né en r6ro, &mort en 1647 , étoit bon Poète, bon Orateur, bon Hiftorien ,& fut neuf ans Profeffeur en Hiftoire dans l’Univerfité d’Al-torf. 11 a laifTé des Commentaires fur Florus , fur VelleiusPaterculus, fur Salufte, fur Valére Maxime, &c. On a auffide lui Mercurius Epiftolïcus SP Oratorius. * Chimentellius, dehonore Bifellii, p • 230. Henning Witte, in Flnlof. p. 593. Chr.Arnoldus, :w Furent Funeb p. 84.

RUPERT ou ROBERT, de Ruffie.de l’Ordre des Frè-res Mineurs, mourut en 1280. Il avoit enfeigné la Théologieavec réputation, & avoit compofé plufieurs Ouvrages. Trithê-me fait mention de ceux-ci; une Explication de la Régie deSaint François, adreffée à Airnoin Anglois, Général de fonOrdre; quatre Livres fur les Sentences; & plufieurs Sermons.Bellarmin y ajoûte un Livre de l’Ame. On ne fait point fi fesOuvrages font imprimés. * Trithême & Bellarmin, de Script.Eccl. Wading , m Annal, Miner. M. Du Pin, Bihliotb. des Aut.Eccl. du XIII fiécle.

* RUPERT, Moine de Saint Remi de Reims, a écrit en

dix Livres l’Hiftoire de la guerre des Chrétiens contre les Sa-rafins. 11 vivoit en 1120, félon Trithême & le P. Labbe deScript. Eccl. ’

G* Peur fuppléer à ce qui pourroit manquer dans les arti-cles RUPERT, Cherchez ROBERT, parce que ces deuxnoms font fynonymes, & fur-tout dans ceux qui ont écrit enLatin.

RUPPIN, que quelques Cartes nomment Rappïn , petiteville du Markgraviat de Brandebourg, eft Capitale du Comtéde Ruppin, & fituée à dix lieues de la ville de Havelberg,vers l’orient, fur la petite rivière de Rhin , qui la divife envieille & nouvelle ville. * Maty, DiSitm. Géegr.

RUPPIN (Comté de) contrée du Markgraviat de Bran-debourg. Ce Comté eft entre la Seigneurie de Pregnitz & leDuché de Meckelbourg, la Marche Vekerane & la MoyenneMarche. Il peut avoir douze lieues de long, & environ fix delarge, & il eft fort embarralTé de lacs & de forêts. Ruppin,capitale, Wufterhauff, Lindow & Rinsberg en font les lieuxprincipaux. L’Eleéteur Joachim,I du nom, acquit ce païs l’an1524, par la mort de Wichman, Comte de Ruppin, dernierde fa race. * Maty, Dici. Géogr.

R U R.

J^UREMONDE, fécondé ville de Gueldre, dans les Pays-Bas, au Roi d'Efpagne, puis à l’Empereur, avec Evêchéfuffragant de Malines, eft bâtie fur la Meufe, à l’embouchurede la Rure ou Roere, d’où elle a pris fon nom. Son EglifeCollégiale du S. Efprit fut érigée en 1559 en Cathédrale parle Pape Paul IV, & eut pour premier Evêque Guillaume Lin-dan. La ville eft grande , belle & riche, avec plufieurs magni-fiques Monaftéres, dont celui des Chartreux eft le plus con-fidérable. * Guichardin , Defcription du Fais Bas. Gazey , Hift.Eccl. du Pdis-Bas. Arnoul Havenfis , de Ercii. Novor. Epifc. inBelgio. Sainte-Marthe , Gall. Chrifi. &c.

RUREMONDE. Voyez JEAN GUILLAUME DERUREMONDE.

RURICIUS, Evêque de Limoges dans le cinquième fié-cle, étoit, dit-on, de l’illuftre famille des Aniciens, & époufaLibérie, fille d’Ommace. Sidoine Apollinaire, qui étoit fonami.compofa pour ce mariage une Epithalame que nous avonsencore. Depuis, ces deux époux s’étant confacrez au fervicede Dieu, Ruricius fut élu Evêque de Limoges après Aftédius,& s’acquit une eftime générale. Outre Sidoine Apollinaire, ileut encore pour amis Saint Céfaire d’Arles, Faufte de Riez,Sédatius, Vi&orin &c. qui lui écrivirent des Lettres. Nousavons deux Livres des fiennes, que Henri Canifius a publiéesdans le cinquième tome des Anciennes Leçons , les ayant tiréesde l’Abbaye de Saint-Gai en Suiffe. Dans l’une de ces Lettres,Ruricius s’exeufe à Saint Céfaire d’Arles, de fe trouver auConcile d’Agde en 506, à témoigne que les infirmitez de favieilleffe l’en empêchoient: ce qui fait connoître qu’il ne vé-cut pas longtems après.

RURICIUS, dit le Jeune, fon neveu , lui fuccéda, & afouferit au quatrième Concile d’Orléans en 541, & au cinquiè-me en 549. Fortunat a compofé l’Epitaphe de ces Prélats. *Fortunat, 1. 4. Sidoine Apollinaire, l. 4. Epifi. 16 1.5. Epifi. 15.I. 8. Epifi- 10 S 5 Carra. 10. & 11. Savaron & Sirmond, in Not.ad Sidomum Apollinarem. Robert & Sainte-Marthe, Gall. Chrifi.Bellarmin. Le Mire &c.

RUS.

DUSBROCHIUS, RUISBROECH ou RUISBROECKv (Jean) ainfi nommé, parce qu’il étoit natif d’un villagede ce nom fur la Sambre dans le Brabant, vivoit dans le XIVfiécle. Il fut Prêtre & Vicaire de l’Eglife de Sainte Gudule deBruxelles, puis Prieur des Chanoines Réguliers de S. Augu-ftin, qui font à une lieue de cette ville, au Monaftére de Val-vert ou Vauvert, Vallis Viridis , dans la forêt de Soignies. Iloccupoit cette charge, lorsqu’il fut vifité par Gérard le Grand,Doéteur & favant Théologien qui demeuroit à Déventer. Ill’avertit que plufieurs étoient feandalifez de fes Ecrits, & enprenoient occafion de le calomnier. Rusbrochius écouta ceque lui dit Gérard, & répondit qu’il devoit être affuré qu’iln’avoit mis aucun mot dans fes Ecrits que par le mouvementdu Saint Efprit & en la préfence finguliére de la Sainte Tri-nité. Rusbrochius étoit fi attaché à la méditation, qu’il futfurnommé le très excellent contemplatif , & le Dcttcur divin. SesOuvrages de Théologie Myftique ont été compofez en Fla-mand , & ont été traduits en Latin par Denys le Chartreux& autres. Nous en avons entre autres diverfes éditions, cel-le de Cologne en 1609. in quarto, qui eft la plus eftimée,&oùl’on trouve la Vie de Rusbrochius, compofée par Henri dePomére. Les principaux Traitez font, Summa vita fpirituaiis;Spéculum falutis ce terme ; Commentaria in tabernaculum Mofis &c. fansoublier les trois Livres de nuptiis J'piritualibus, cenfurez parGer-fon. Le Cardinal Bellarmin, après Denys le Chartreux, Surius,&c. a allégué , pour les défendre , qu’en fait de ThéologieMyftique, on ne doit pas chicaner les Auteurs fur leurs opi-nions differentes & leurs fentimens particuliers ; mais au moinsfaut-il que ces opinions foient conformes en tout à la do rinde l’Eglife. Rusbrochius mourut le deuxieme Décembre ( 3 ° »dans fa 88 année. Outre la Vie de Rusbrochius par Henri ro rmère, confultez celle qui a été écrite par le P. Thomas a Jetu,Carme Déchauffé, Marc Maftelin , m Necrol Findts paUts.

Trithême & Bellarmin, de Script. Denys le Chartreux, de ■

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