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il fut pris. Etant Ambaffadeur extraordinaire à la Cour del’Empereur Charles-Quint, & de Ferdinand, Roi des Ro-mains, il préfenta au batême l’Archiduc Erneft, troifiéme filsde Maximilien, II du nom. Dans la fuite ce grand hommeerobraffa ouvertement la Religion Proteftante à la perfuafionde fa femme, & malgré les remontrances de Lippoman, Non-ce Apoftolique , lequel lui ayant fait des reproches de fonchangement, il lui répondit avec hauteur,qu’il étoit Jui-mêmeHérétique, accufant les autres d’Héréfie. Il fit prêcher desMiniftres dans Wilna, en dépit du Clergé, & fit mettre pareux la Bible en Langue Polonoife. L’imprelïïon s’en lit en1563, aux dépens de ce Palatin. A fon exemple, un de fescoufins embraffa la Réformation. Enfin il mourut en 1567, &fut porté au tombeau fur les épaules de fes quatre fils, rap-portez ci-deffus , qui félon M. de Thou , l. 38 , abjurèrentdans la fuite la Religion de leurs père & mère. * Simon Sta-ïovolski, in Sarmatice bellatoribus. Bayle, D'ici. Crit. &c.
R A E.
* AEDER, REDER ou RODER, nom d’une an-1 \. cienne famille noble de Siléfie, qui s’eft par fucceflionde tems étendue dans la Bohême. En 1267, un Seigneur decette famille commanda en Chef un Corps de troupes qu’ilmena dans la Prude au fecours des Chevaliers de l’Ordre Teu-tonique. Elle fut honorée de la dignité de Comte dans laperfonne de Frédéric, qui mourut en 1564, laidant entre au-tres enfans Melchior, qui aura un Article féparé.
* RAEDER (Melchior, Baron de) fils de Frédéric donton vient de parler, naquit à Bredaw en 1553. Il donna lespremières preuves de fa valeur dans les Païs-Bas, & dans lafuite en Pologne contre les Mofcovites, & en Hongrie contreles Turcs. En 1593, avec 4500 Impériaux, il battit près de Siffeken Croatie une Armée de vint mille Turcs: ce qui empêchales Turcs de fe rendre maîtres de cette ville. En 1598, aprèsla mort du Général Adolphe de Schwartfemberg qui faifoit lefiége du Fort de Pappa, il fut mis en fit place & conduifit cefiége à une heureufe fin. Dans la même année, avec unegarnlfon de deux mille hommes, il défendit avec tant de bra-voure la ville de Peterwaradin, contre une Armée de centquarante mille Turcs, qu’il rendit vains tous leurs efforts. A-près cela, il fut fait Général & Membre du Confeil Privé del’Empereur. Il étoit Seigneur de Friedlandt, de Reichenberg& de Seidenberg en Siléfie. Il mourut en 1600, à Deutfch-brodt en Bohême. Gr. Di A. Unïv. Holl. Lucæ Scblcf. Cbron.De Thou , Hifioire. Spener , Hifi. Infign. p. 515. Bucholtz,Cbron. Ortelius Redivivus.
RAETZENMARKT. Voyez RATZENMARKT.RÆVARDUS. Voyez REVARD.
RAG.
R AG AB A, château affis au delà du Jourdain dans la Tri-bu de Manaffé. Alexandre, Roi des Juifs, mourut lors-qu’il affiégeoit cette place. Jofephe , Antiq. Judaïq. I. 13.th. 23.
* RAGATZ ou RAGAZ, gros bourg de SuifTe dans leComté de Sargans, eft fitué fur la Taminne, dans le voifinagedu Rhin. Il elt au fud-fud-eft de la ville de Sargans, dont ileft éloigné de cinq quarts de lieue.
R A G BIL, ville du Royaume de Ganath , dans le païsdes Nègres , fituée fur les bords d’un Lac, que les gens dupaïs appellent Barb Albalou, Mer Douce, à caufe que fes eauxne font pas falées, comme celles des autres Lacs de ce païs,qui font ou falées, ou au moins faumaches. Cette ville a à fonmidi une montagne fort haute, qui rend fon habitation plusagréable & plus commode; & l’on compte onze journées decaravane de là jufqù’à la ville de Ganarath , en tirant versl’occident. * Edrifli, dans la fécondé partie de fin premier Climat.
RAGES, ville de Médie dans l’Atropaténe, que Strabonnomme Rage'ia, & Ptolomée Europe. Elle fut bâtie, ou plutôtfort augmentée par Séleucus Nicator, à une journée des Por-tes Cafpiennes fur les confins de l’Hircanie; Caftaldus, &d’autres difent qu’on la nomme aujourd’hui Cajfan , d’autresdifent que c’eft R aft. Elle eft éloignée de cent mille pas d’Ar-facie, en tirant vers le nord, & de cent cinquante d’Ecbatanevers l’orient. 11 eft parlé de cette ville dans le Livre de To~lie , ch. i. v. 16. * Baudrand. Arrien , de ExpeJ. Alexan-’dri, I. 2.
RAGGI (Jean-Baptifte) Gentilhomme Génois, étoit filsde Marc-Antoine, qui avoit très bien fervi la République, &qui mourut l’an 1625, en accompagnant le Cardinal FrançoisBarberin en Efpagne. Le fils fe diftingua à la guerre, & exer-ça les principales charges de la République de Gênes, où ilmourut de pelle en 1657, s’étant expofé trop généreulementpour faire obferver le bon ordre, pendant cette cruelle mala-die. Sa famille a produit divers grands hommes. ThomasR aggi rendit de grands^ fer vices à Philippe II, Roi d'Efpagne.Octavien Raggi, fils de Jacques, & de Jeronyme Nigri, fefit confidérer à la Cour de Rome, où il fut Protonotaire Apo-ftolique en 161S, puis Clerc de Chambre en 1622. Dans lafuite il parvint aux principaux emplois de la Cour du Pape Ur-bain VIII, qui le fit Cardinal le 16 Décembre 1641, & Evê-que d’Aléria en Corfe. Raggi alla vifiter fon Evêché, & mou-rut à Rome le 31 Décembre 1643. II étoit frère de ThomasR aggi, dit le Marquis Raggi , qui fut Commiffaire des Galèresdu Pape, & qui exerça d’autres emplois importuns ; & de
RAG.
François Raggi, Capucin, Auteur du Livre intitulé, DubionmCenturia de regimine Regularium. Cet Ouvrage, qui avoit étéimprimé l’an 1649 à Lyon,, fous le nom de Giragus, qui eftl’anagramme de Raggius, le fut depuis à Gênes avec le nomde l’Auteur, qui y mourut de pefte en 1657. Wading parletrès avantageufement de lui. Le Marquis Thomas Raggi epou-fa Hortenfc Spinola, dont il eut Ferdinand Raggi, Homme deLettres. Laurent Raggi , Cardinal, Evêque de Catane enSicile, a été Thréforier-Général de la fainte Eglilè, & Inten-dant-Général des Galères de. l’Etat Eccléfiaftique. Le PapeInnocent X le fit Cardinal en 1647. Il mourut en Janvier1687 , âgé de 75 ans. * Galéazzo Gualdo Priorati, Scenad’Huom. Illufi. d’Ital. Soprani & Giuftiniani, Scritt. délia Liguria.
RAGGIVOLO, bourg de la Lombardie: il eft dans leMantouan, entre Mantoue & Reggio, à quinze lieues de l’u-ne & de l’autre. On conjecture que les Régiates, peuples dela Gaule Cifalpine, en étoient les Habitans, & que fon nomen eft une marque. * Maty, Diff. Géogr.
* RAGHLES ou RE G LIS, petite Ille d’Irlande dansle Lac qui porte le nom de Dirg, Dirgh ou Derg. Ce Lac eftdans l’Irlande feptentrionale, au Comté de Dungall ou Tyr-connel, vers les confins du Comté de Fermanagh , & s’appel-ait autrefois Liffer. Au milieu de ce Lac eft llile de kagh-les, fort célébré avant la Réformation, parce qu’on la regar-doit comme le fauxbourg du Purgatoire. Les Irlandois lanomment Ellan-u-Frugadory, c’eft à dire Pille du Purgatoire.Les Moines y avoient bâti une cellule auprès d’une profondecaverne, & avoient fait accroire au monde, que quiconqueavoit le courage d’y entrer, alloit en Purgatoire, où il voyoit& entendoit des chofes extraordinaires. Pour foutenir ce quel’on avançoit, on difoit que le bon S. Patrice, prêchant danscette Ille à des Irlandois obftinez & incrédules, obtint de Dieupar fes prières, que la terre s’ouvrît en cet endroitjufqu’auPurgatoire, afin que fes Auditeurs fuffent convaincus par leurspropres yeux de la vérité de fa prédication au fujet de l'immor-talité de famé, & des peines des méchans après cette vie.Mais il eft certain que dans le tems de S. Patrice, on ne favoitce que c’étoit, & qu’on n’en a ouï parler que plufieurs fiéclesaprès fa mort. L’impofture n’a été découverte que dans lefiécle dernier, vers la fin du régne de Jacques I. Deux Sei-gneurs , favoir, Richard Boyle Comte de Corke, & AdamLoftus Chancelier d’Irlande, pouffez de la légitime curiofité dedécouvrir le vrai de cette affaire, envoyèrent faire d’exaftesperquifitions fur les lieux par des perfonnes de probité. L’ontrouva que cette caverne que fon faifoit paffer pour le chemindu Purgatoire, n’étoit autre chofe qu’une petite cellule creu-fée dans le roc, où il n’entroit de jour que par la porte, quiétoit fi baffe qu’un homme de grande taille pouvoit à peines’y tenir debout, & fi étroite qu’elle ne contenoit que fix oufept perfonnes à la fois. Quand il venoit quelcun dans l’Iflepour faire le voyage du Purgatoire, un petit' nombre de Moi-nes qui demeuroient proche de la caverne, le faifoient jeûner& veiller extraordinairement, & ne l’entretenoient cependantque des merveilleufes vifions qu’il auroit. Toutes ces idéestffreufes de diables, de flammes, de feu, de damnez, s’im-primoient fortement dans la cervelle affoiblie & démontée •par les jeûnes & les infomnies. Le pauvre Voyageur cro-yoit avoir vu tout ce qu’on lui avoit dit: peut-être s’entrouvoit-il qui mentoient pour ne pas laiffer paroitre qu’ilsavoient été dupez, & pour aidera en duper d’autres. LesSeigneurs qu’on a nommez ayant découvert ces honteufesimpoftures qui deshonoroient la Religion , obligèrent les Moi-nes à fe retirer de là, & pour empêcher à l’avenir Leurs four-beries, ils firent démolir leurs habitations & rompre la caver-ne, qui a toujours été découverte &expofée aux yeux depuisce teins-là. * Beeverell, Délices £ Irlande, p. 1472 & fuiv.
RAGIMBERT, Roi d’Italie, s’empara de ce Royaume,après qu’il eut défait Afprand & Rothaire. Pendant fon ré-gne, il eut plufieurs guerres; & Gilulfe, Duc de Bénevent,qui avoit fuccédé à Grimoald, entra dans la Campagne de Ro-me, avec une puiffante Armée, oii il fit de grands défordres,
& vint jufques à Ilorta, fans que perfonne s’y opposât. LePape Jean alla au devant de lui avet plufieurs Prêtres, & luifit de grands préfens pour l’obliger de s’en retourner & derendre ceux qu’il avoit fait prifonniers. * Caroli Sigonii FaftiConfulares.
RAGIMBERT, troifiéme Abbé de Saint-Valéry, vivoiten 660, & écrivit la Vie de Saint-Valéry, félon Arnoul Wion,in Ligntt Vitœ.
RAGIMBERT, Duc de Turin, ufurpa la Couronne desLombards fur Luitbert, qui n’étoit qu’un enfant, en 701 ; &trois mois après fut dépolledé par Aripert. * Paul Diacre,Hifi. Long.
R A GI-M OIIO L, ville confidérable du Royaume de Ben-gale, eft fituée fur le Gange, dans l’endroit où cette rivièrefe fépare en deux bras pour fe perdre enfuite dans la mer.Ragi-Mohol a plufieurs bâtimens remarquables, des Templespour les Mores, des Pagodes pour les Idolâtres, un grandMarché, & un Palais magnifique, avec de beaux jardins. C’eftdans cette ville qu’on rafine tout l’argent, & qu’on frappe lespaifes ou roupies de Bengale. Elle avoit autrefois un chateaudont on voit les ruines au bout de la ville, aufli-bien q ue ^. eplufieurs maifons, qui montrent que cette place a eu autrefoisplus d’étendue. * Nicolas de Graaf. Ceux qui y viennent parterre trouvent pendant une lieue ou deux les chemins pavezde brique jufques à la ville. Elle a été fort longtems le lieuoù les Gouverneurs de Bengale faifoient leur réfidence ordi-naire, parce que le païs eft très propre pour la chaffe, & q u . ed’ailleurs le négoce y étoit grand; mais la rivière ayant pris