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ge, il confulta le même Malherbe fur le genre de vie qu’ildevoit choifir; mais celui ci, pour toute décifion, fe conten-ta de lui réciter cet ingénieux Conte de Pogge, dont M. de laFontaine a fait une de fes plus belles Fables, intitulée Le Me û-m L r, Jon Fils & fin Ane. Enfin à l’âge de 39 ans (Le Père Nice-ron dit, à l’âge de 35 ans) le Marquis de Racan fe maria, &fa poftérité elt aujourd’hui tout ce qui relie de la Maifon deBueil.une des meilleures qu’il y ait en France. Il n’avoit pointétudié, mais la Nature fuppléa en lui à l’étude; & fon inclina-tion pour la Poëfie Françoife le porta à ne compofer prefquerien qu’en ce genre d’écrire. Voici le jugement que M. Des-préaux en porte dans une Lettre à M. de Maucroix. Racan,dit ce judicieux Critique, avait plus.de génie que Malherbe, maïsilcfl plus négligé & fange trop à le copier. Il eMelk fur-tout, à monavis , à dire les petites chofes , £)* c’eft en quoi il reffemble mieuxaux Anciens, que j’admire J'ur ■ tout par cet endroit. Plus les chofesfont féches & malaijées à dire en vers, plus elles frappent, quand ellesfont dites noblement, & aHec cette élégance qui fait proprement la Poë-fie. Le même a dit dans le premier Chant de fon Art Poétique,v. 17.
Malherbe d'un Héros peut vanter les exploits,
Racan chanter Philis, les Bergers & les Bois.
Et dans fa neuvième Satyre, v 39. & fuïv.
Tout Chantre ne peut pas fur le ton d'un Orphée 1Entonner en grands vers la Difcorde étouffée,
Peindre Bellone en feu tonnant de toutes parts,
Et le Belge effrayé fuyant fur fis remparts.
Sur un ton fi hardi , fans être téméraire,
Racan pourrait chanter au defaut d'un Homère,
Mrs. de la Fontaine, Perrault & Rouffeau, n’ont pas moinsloué Racan, Le premier dit au commencement du Conte donton a parlé ci-defl'us :
Autrefois à Racan Malherbe Va conté.
Ces deux Rivaux et Horace , héritiers de fa Lyre,
. Difei pies d'Apollon, nos Maîtres, pour mieux dire sSe rencontrant un jour, &c.
Le fécond dans fon Epitre au Roi, dit:
Aux Homéres divins, aux Virgjles fuperbes,
On voit fi mefurcr nos Racans , nos Malherbes.
Le troifiéme, dans fon Epitre aux Mufes qui lui promettentun rang fur le Parnalfe :
Ton rang y fut marqué par nous \
Et fi ce rang à ton chagrin jaloux
Parait trop bas , près des places fuperbes
Des Sarafins, des Racans, des Malberbes, Sic.
Racan fut un des premiers Membres de l’Académie Françoi-fe, comme on le voit par le Difcours qu’il y prononça en 1635,& qui a été imprimé. Il mourut au mois de Février 1670. SesOuvrages font, Les Bergeries; Lettres diverfis dans le Recueilde Lettres de Faret; Les lept Pfeaumes de la Pénitence', Poëfies di-verfes, dans les Recueils de 1621, de 1627 & de 1633; OdesSacrées ; Ode au Cardinal de Richelieu ; Difcours contre les Sciences ;Mémoires fur la Vie de Malherbe; Dernières Oeuvres Poëfies Chré-tiennes de M. Honorât de Bueil, &c. La meilleure édition eltcelle de 1660. * Pelliflon, Hift. de l'Académie Françoife, conti-
nuée par M. l’Abbé d’Olivet, tome 2. p. 126. Bailiet, Jugemensdes Savons, tome 4. partie 2. p. 297. ». 1510. édit. d’Amfterdam1725. Titon du Tillet, Parnaffe François. Mercure de Septembre1724.
* RACANELLO, anciennement Cyliftarnus, petite ri-vière d’Italie, au Royaume de Naples, dans la Calabre Cité-rieure, baigne CalTano, & fe décharge dans le Golfe de Ta-iente. * Maty, Di fl. Géogr.
RACHAB. Voyez R AH AB.
R A C H A L, ville ou Canton de Paleftine dans la Tribu deJuda, où David fe réfugioit quand il étoit pourfuivi par Saül.* I Samuel ou I Rois, ch. 30. v. 29.
RACHE (La) ville. Voyez LIXE.
RACHEL, femme de Jacob, & fécondé femme de Laban,fut aimée de Jacob qui fervit fept ans pour l’avoir en mariage;mais Laban le trompa, & mit Lia ou Léa fon aînée en la pla-ce de Rachel. Jacob s’en plaignit; & Laban pour l’appaifer,le pria de laiffer palier fept jours pour la folemnité de fes pre-mières noces, après lesquels il lui donna Rachel, à conditionnéanmoins qu’il ferviroit encore fept années; ce qu'il fit. Cefut l’an 2283 du Monde, le 1752 avant Jéfus-Chrift. Rachelétant demeurée pendant fix ans ftérile, & en ayant témoignéfa douleur à fon mari, fut enfin exaucée de Dieu, & conçutun fils qui fut appellé Jofeph. Elle mourut en accouchant d’unautre fils, que l’on nomma Benjamin. Elle fut enterrée prèsd’Ephrata. Jacob lui fit drefler un tombeau magnifique, dontlés Voyageurs nous font d'amples relations, que l’on pourraconfulter. * Ginéfi, ch. 29. 30. 35. Torniel, & Salian, An-nal. Vet. Tefiam. Cotovicius. Adrichomius.
RAC.HINGE, Prince François, qui vivoit dans le fixié-me fiécle, fe rendit odieux par fes cruautez. Un jeune Gen-tilhomme, qui étoit àfonfervice, ayant époufé une Demoi-feile de fa Maifon, fans lui en avoir rien communiqué, ce Prin-ée fut, à ce qu’on dit, fl cruel, qu’ayaut fu leur mariage, il
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les fit enfermer vifs l’un fur l’autre, dans un gros tronc d’arbre,qu’on avoit creufé exprès, & enterrer ainfi dans une foife.Ce fut la dernière de fes cruautez, car ayant confpiré quelquetems après contre Childebert I, il fut pris par les Gardes dece Roi, & haché par morceaux, que Childebert fit jetter auxchiens. * Guill. Paradin , Annal, de Bourgogne.
RACHIS, Duc de Frioul, fils de Remmon, fut élu en 744,Roi des Lombards, en la placé d’Aldebrand, neveu de Luit-prand II fit alliance avec le Saint Siège pour vint ans ; maisfans fe foucier de violer fon ferment, il affiégea Péroufe en750. Le Pape Zacharie fe mit à la tête de fon Clergé, & allaparler à ce Prince, qui non feulement leva le fiége, mais mê-me laifla la Couronne à fon frère Aifluife, & s’enferma dansun Monaflére pour y faire pénitence. * Paul Diacre, Hijl,Longob. Analtafe, in Vit. Pontif.
RACHSTADT. Voyez R A S T A D T.
RACINE (Jean) l’un des plus célébrés Poètes Françoisdu XVII fiécle, fut Thréforier de France en la Généralité deMoulins, Sécretaire du Roi, & Gentilhomme ordinaire de faMajelté. Il naquit à la Ferté-Milon le 21 Décembre l’an 1639,
& jamais peut-être perfonne ne vint au monde avec un plusbeau génie pour les Lettres. Dès fon enfance il fit fon étudeparticulière des anciens Auteurs; & élevé à Port-Royal, ils’enfonçoit fouvent feul dans les Bois de cette Abbaye, & ypaffoit les journées entières avec Homère, Sophocle & Euri-pide, dont la Langue lui étoit devenue aufli familière que lalienne propre. Mettant en pratique ce qu’il avoit appris deces excellens Maîtres, il produifît la Thébaïde dans un âge oùl’on compte encore pour un mérite de favoir feulement réci-ter les Ouvrages des Anciens; mais on allure que Molière yeut plus de part que lui. Il n’avoit que 21 ans, & dès-lors leRoi lui donna une penfion, que fa Majelté augmenta toujoursdans la fuite. Le fameux Pierre Corneille étoit encore dansfa plus haute réputation. La France avant lui n’avoit rien vafur la Scène de fublime, ni même de raifonnable:ainfi l’on re-garda M. Racine comme un jeune homme plein d’audace quiofoit entrer dans la même carrière que ce grand homme, pourpartager avec lui lesapplaudiflemens dont il étoit en poirelfion.Mais conduit par fon feul génie, & fans s’amufer à fuivre, nimême imiter celui que tout le monde regardoit comme inimi-table, il ne fongea qu’à fe faire des routes nouvelles; & pen-dant que Corneille peignant fes caractères d’après l’idée d’unegrandeur Romaine qu’il s’étoit figurée,formoit fes figures plusgrandes que le naturel, mais nobles, hardies, admirables danstoutes leurs proportions ; pendant que les Spectateurs, en-traînez hors d’eux-mêmes, fembloient n’avoir plus d’ame quepour admirer les richefles de fes exprelflons, la nbbleffe defes fentiinens, & la manière impérieufe donc il manioit la rai-fon; M. Racine entra,pour ainfi dire, dans leur cœur, & s’erirendit le maître. Il y excita ce trouble agréable qui fait pren-dre aux hommes un véritable intérêt a tous les mouvemensd’une Fable que l’on repréfente devant eux. 11 les remplit decette terreur & de cette pitié, qui, félon Ariftotè, font lesvéritables pallions de la Tragédie. Il leur arracha des larmesqui font le plaifir de ceux qui les répandent; & peignant laNature avec des traits plus vrais & plus fenfibles ,il leur apprità plaindre leurs propres pallions & leurs propres foibleffes,dans celles des perfonnages qu’il lit paroître à leurs yeux. A-lors le Public équitable, fans ceffer d’admirer la grandeur ma-jeftueufe de Corneille, commença aufli d’admirer les grâcesfublimes & touchantes de Racine. On auroit peine à croirequ’un homme né comme lui avec un fi prodigieux talent pourla Poëfie, eût pu être un excellent Orateur. Son éloquencelui mérita pourtant dans toutes les Affemblées où il parla desapplaudifiemens extraordinaires, & le fit choifir par le RoiLouïs XIV , pour travailler à fon Hiltoire. S’il eût vécu pluslongtems, il auroit peut-être porté le genre Hiltorique aufliloin qu’il avoit porté le Tragique.
A ces grands talens il joignit une piété folide & fincére, quile fit renoncer aux Mufes profanes, pour confacrer fes versà des objets dignes de lui. Il compofa des Cantiques avecbeaucoup de fublimité; & les Tragédies à’Efther & à'Athalièparurent des pièces égales & même fupérieures à tout ce qu’ilavoit fait de plus achevé. Il avoit été reçu à l’Académie Fran-çoife en 1673, & il en étoit Direéteur lorSqu’en cette qualitéil fit l’Eloge de M. Corneille. Il mourut le 22 Avril 1699, &voulut être enterré à Port-Royal-des Champs, où dès fa jeu-nefle il avoit été lié d'amitié avec un grand nombre de Savansqui y faifoient leur féjour. Cela fe fit fuivant la difpofitibn defon Teftament, qui ne contient que cet article,& qui efl con-çu en ces termes. ,, Je délire qu apres ma mort mon corps„ foit porté à Port-Royal-des-Champs., & qu’il foit inhumé„ dans le cimetière aux piez de Mr. Hamont. Je fupplie très„ humblement la Mère Abbetle & les Religieufes, de vouloir„ bien m’accorder cet honneur, quoique je m’en reconnoif-„ fe très indigne & par les fcandales de ma vie pafifée, & par„ le peu d’ufage que j’ai fait de l’excellente éducation que j’ai„ reçue autrefois dans cette Maifon, & des grands exemples,, de piété & de pénitence que j’y ai vus, & dont je 11’ai été„ qu’un Itérile admirateur. Mais plus j’ai offenfé Dieu, plus„ j’ai befoin des prières d’une fi fainte Communauté, pour at-„ tirer fa miféricorde fur moi.” La Mère Agnès Racine; fatante, en étoit pour-lors Abbefle. Après la démolition dûMonaftére de Port-Royal-des Champs, on tranfporta le corpsde M. Racine dans l’Eglife Paroiflïale de S. Etienne du Montà Paris, le deuxième Décembre 1711, où il elt enterré à côté'de la tombe de M. Pafcal. Ses pièces profanes font au nom-bre de neuf Tragédies, & une Comédie. Les Tragédies fontLa Tbébtüde ou les Frètes Ennemis, Alexandre, Andromaque ; Bri-B Ufmtutj