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7 (1740) Lettres P - SEG
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Q_ U E.

ta-ur à la fleur de lys d’or cottoyèe en pointe de deux macles de mê-me, & mettent fur le tout i’écuffon de ÿuerboeut. * Mémoires

^Q^E'R IGUT ou GUE'RIGUT, lieu principal duDounefan, petite contrée du Haut-Languedoc, au nord-eft dePuycerda dont il eft éloigné de près de dix lieues.

* O U e'R INI (Ange-Marie) Noble Vénitien , fils d unProcurateur de S. Marc, naquit à Venifele 20 mars 1680, en-tra dans la Congrégation du Mont-Callin , & fut fait Archevê-que de Corfou au mois de février 1723. Il fut transféré àPEvêché de Brefcia le deuxième juillet 1727. LePapeBenoîtXIII le créa Cardinal le neuvième décembre 1726; mais il futréfervé alors in petto, & fut déclaré Bibliothécaire du Vaticanau mois d’août 1730. * Voyez le Supplément de Paris 1736.

Q UE R N O (Camille) né à Monopoli, dans le Royaumedé Naples, s’acquit une grande facilité à faire des vers, devintvers l’an 1514 à Rome, avec un Poëme de vint mille vers, inti-tulé Alexiade, qu’il avoit compofé. Quelques jeunes gens decette ville lui témoignèrent beaucoup d’amitié, le traitèrent àla campagne ; & dans un fetlin ils le couronnèrent Archipoë-te, furnom qu’il retint depuis. Le Pape Léon X le voyoit avecplaifir, & lui faifoit porter des viandes qu’on deffervoit de fatable. Le Querno, qui étoit un agréable Parafite, s’en accom-modoit très-bien ; mais il étoit obligé de payer fur le champ d’undillique tout ce qu’on lui donnoit. Un jour qu’il étoit extrê-mement incommodé de la goutte, il fit ce vers,

Arcbipoëta facit verjus pro mille Poëtis.

Comme il héfitoit à compofer le fécond , le Pape ajoûta debonne grâce,

Et pro mille aliis Arcbipoëta bibit.

Alors le Querno voulant réparer fa faute, compofa ce troifiémevers,

Porrige, quodfaciat mibi car mina do et a, Ealernum.

Le Pape lui répliqua dans le même moment par celui-ci,

Hoc vinum enervat , debilitatque pedes.

C’étoit alors un tems heureux pour le Querno ; mais après laprife de Rome, il fe retira à Naples , où il fouffrit beaucoup pen-dant les guerres de 1528, & où il mourut à l’hôpital. Il difoitordinairement qu’il avoit trouvé mille loups, après avoir per-du un lion , faifant allulion au mot Léo. * Paul Jove, in E-log. Doü. c. 82- Pierius Valerianus, in Appendice de InfelicitateLiteratorum.

QUERQUENÏS, Ifle formée par la Mer Méditerran-née’dans la Province de Tripoli, Royaume de Tunis. Elle eftdevant les Effaques, & il y a beaucoup de hameaux de Béré-béres, gens méchans & pauvres. Tous les environs font desterres féches , & le courant de l’eau y eft fi fort, que les vaif-feaux à rames ont de la peine à y aborder. Elle elt de la dé-pendance des Gelves. Quelques-uns de ces Barbares font gensde mer & fi grands amis des Turcs, qu’ils vont en courfe aveceux. Cette ifle & la forterefie qu’on y trouve , ont été long-temsfoumifes aux Chrétiens. * Marmol. tome 3. I. 6. cb. 40. Th.Corneille, Diü. Géogr.

* QUERRON, Lac d’Egypte à l’oueft du Nil, eft longd’environ quinze lieues, & n’en a que deux,ou deux & demie,dans fa plus grande largeur. 11 s’étend de l’ouelt-fud-oueft à l’eft-nord-elt, & fa pointe, la plus feptentrionale eft au fud-oueftdu Caire dont elle eft éloignée d’environ deux journées. M.Paul Lucas, dansfes Voyages, tome 2. p. 42. édit. d’Amfterdam1714, raconte qu’en 1695, les eaux de ce Lac devinrent fi baf-fes, qu’elles découvrirent une infinité de belles ruines, commed’un nombre de très grandes villes, qu’elles avoient enfeveliesfous leurs abymes. M. Delifie dans fes Cartes d’Afrique & d’E-eypte le nomme Kern.

QUERS (Cap de) Voyez CADAGUES.

QU E'SADA (Antonio) Jurifcon fuite Efpagnol, Profeffeurà Salamanque, vivoit l’an 1570, publia un Traité de diverfesQueftions de Droit, & compofa quelques autres Traitez. * Ni-colas Antonio, Bibliotb. Hifpan.

Q U E S C H , rivière. Voyez Q U E I C H.

Q U E S N E, rivière. Voyez Q U E N N E.

Q U E S N E prononcez Q U E N E (Abraham du) MarquisduQuêne, Général des armées navales de France, & l’un desplus grands Hommes de mer du XVII fiécle, s’étoit dès fa plustendre jeuneffe entièrement dévoué au fervice fur mer , & paflafoixante ans à fervir aftuellement, depuis l’emploi de Ample Ca-pitaine jufqu’aux premières charges. II naquit en Normandiel’an 1610 d’une famille noble & habituée depuis long tems danscette province. Son père, qui s’appelloit Abraham du Quêne,comme lui, étoit un Capitaine de réputation dans les armées na-vales ; & ayant été envoyé en Suède par le Roi Louis XIII, pourles affaires concernant la Marine, il fut pris à fon retour parles Efpagnols, dans un combat inégal qu’il y eut entre eux &lui, où il reçut une grande bleflùre, dont il mourut à Dunker-que l’an 1635- C’étoit fous lui que fon fils avoit commencéd’apprendre le métier de la guerre; car l’an 1627, dans le tems destroubles de la Rochelle, le père, qui étoit Calvinifle , ayantdemandé à la Cour de ne point fervir dans l’armée que l’on dé-çoit contre cette place, fut envoyé d’un autre côté avec uneefeadre de vaifleaux; & le fils (qui n’avoit encore que 17 ans)commanda un des vaifleaux de cette ffeadre, où dans un âge

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peu avancé j il ne laiffa pas de donner des marques de ce qu’ildevoit être un jour. Il fe trouva l’an 1637. à l’attaque des Iflesde Sainte-Marguerite ; & l’an 1638, il’contribua beaucoup à ladéfaite de l’armée navale d’Efpagne devant Gattary. Il reçut uncoup de moufquet l’an 1639, àl'attaque.des vaifleaux qui étoientdans le Port-S. Ogne. Il fut encore dangereufement blefifé l’ati1641, devant Tarragone ; l’an 1642, devant Barcelone, dans letems de la prife de Perpignan; & l’an 1643, dans la bataille quife donna au Cap de Gates, contre l’armée d’Efpagne. L’annéefuivante, l’an 1644 , ii alla fervir en Suède , où fon nom étoitdéjà connu à caufe de fon père. Il y fut fait Major Général del’armée navale , puis Vice-Amiral. C’eft en cette qualité qu’ilfervoit le jour de la fameufe bataille où les Danois furent entiè-rement défaits; & ce fut lui deuxième qui aborda & prit leurvaiffeau-Amiral appellé la Patience: il s’y fit un choc furieux,& le Général de l’armée Danoife y fut tué. Il auroit fait pri-fonnier le Roi de Danemarck lui-même, fi ce Prince, ayant re-çu dans l’œil un éclat de bois , près d’un canon qu’il pointoit,n’avoit été obligé par cette bleflùre à fortir de ce vaifleau la veillede la bataille.

Du Quefne fut rappellé en France l’an 1647, & commandacette année, & la fuivante une des efeadres qui furent envoyéesà l’expédition de Naples. Comme la Marine de France étoitfort déchue de fon premier luflre, par la minorité du Roi, il ar-ma plufieurs navires à fes dépens l’an 1650, à l’occalion des pre-miers mouvemens de Bourdeaux, en étant prelfé jiar la Coùr,pour porter du fecours à l’armée royale, qui tenoit cette villebloquée, & pour empêcher en même tems que les Bourdeloisne puffent être fecourus par mer. Il fut rencontré en cheminpar une efeadre Angloife, qui voulut lui faire baiffer le pavil-lon: fur quoi ayant rendu un rude combat, où il fut dangereu-fement bleffé, il fe retira glorieufement de cette rencontre, quoi-que la partie fût inégale. Enfuite il fut obligé de faire radou-ber fes vaifleaux à Breft, d’où il reprit le chemin de Bourdeaux,fans attendre l’entière guerifon de fes bleflùres. L’armée d’Ef-pagne arrivoit dans la rivière en même tems que lui. Il y entramalgré cette armée; & ce fut une des principales caufes de lareddition de la ville. La Reine Régente, pour lui témoignerfa reconnoiffance, en attendant fon rembourfement, lui donnale château &l’Ifle d’Indred en Bretagne, qui étoient du Domai-ne de faMajefté. Mais rien n’a tant relevé fa gloire, que lefuccès des guerres de Sicile. Ce fut là qu’il eut en tête le grandRuyter , fi redoutable fur l’Océan ;& qu’étant inférieur en nom-bre , il vainquit néanmoins les Hollandois en trois différenscombats, dans le dernier defquels Ruyter fut tué d’un coup decanon. 11 courut à ce fujet une Epigrainme ingénieufe qui faitdeux allufions au nom d eRuiter, & qui mérite d’être rappor-tée ici,

Ternd in oceano jam folo nomine clajfes ;

Ter nunc in Sieulo territus ipfe fui.

Si vera inverfum quondam dédit omina nomen,

Nunc Rui-Ter nomen venus omen babet.

Depuis, les vaifleaux des Tripolins, qui étoient ennemis de laFrance, s’étant retirez dans le port de Chio, comme dans unafyle alfûré , fous une des principales forterefles du Grand Sei-gneur, où ils étoient protégez du Capitan-Bacha, à la tête de40 galères. Du Quêne les alla foudroyer avec une efeadre defix vaifleaux, & les ayant tenus bloquez long-tems, il obligeacette République à conclurre une paix très glorieufe pour laFrance. Enfuite il força Alger & Gênes à implorer la clémen-ce du Roi. L’Afie, l’Afrique & l’Europe ont été témoins de favaleur; & un nombre infini de Chrétiens , aufquels, dans tou-tes fes expéditions, il a donné libéralement la liberté fans ran-çon, ont eu des preuves irréprochables de la grandeur de foname. Il étoit né Calvinifle, & eft mort dans la même créance.Le Roi, qui honoroit fon mérite d’une eftime particulière, nepouvant, à caufe de la Religion qu’il profefloit, le récompen-ser avec tout l’éclat qu’il auroit fouhaité, n’a pas laiffé de don-ner une marque de fa bienveillance, très-glorieufe & à lui & à fapoftérité, en lui faifant don de la Terre du Boucher, qui eftune des plus belles du Royaume , fituée auprès d’Etampes, &en l’érigeant en Marquifat , après lui avoir ôté fon premiernom, & lui avoir donné celui de du Quesne, pour l’immorta-lifer. Ce grand homme mourut le deuxième de février 1688,après avoir vécu 78 ans avec une vigueur & une fanté extraor-dinaire. Il avoit époufé Gabrielle de Berniére, de laquelle il alaiffé quatre fils, dont l’aîné, Henri, étant demeuré dans la Re-ligion Proteftante, s’eft retiré dans une Terre qu’il a acquife enSuiffe, avec la permilfion du Roi, accordée en confiderationdes fervices du Père: {Voyez fon article qui fuit) le fécond, A-brabam, Capitaine de vaiffeau , prit l’an 1683 , & emmena àToulon, le Prince de Montefarchio, Général de l’armée d’E-fpagne; & l’an 16841 dans la defeente de Gênes, il foutint lebataillon qu’il y commandoit : le troifiéme , IJaac, a fervifur mer avec diftinélion : & le quatrième, Jacob , Comte duQuêne, époufa Françoife-Magdelaine de Soufcalle, d’une noblefamille de Bretagne, morte en 1710. Le Marquis duQuêneavoit auili plufieurs frères, qui font tous - morts dans le fervi-ce. L’un d’eux, Capitaine de vaiffeau, fut tué d’un coup de ca-non : il laiffa un fils N .... du Quesne-Monier , qui s’eft figna-lé en diverfes occafions. Un autre frère, Capitaine de vaiffeau,laiffa un fils N. . .. du Quêne - Monier , aufli Capitaine devaiffeau, & chevalier de fDrdre militaire de S. Louis, qui eutun bras emporté en 1705 , & qui eft marié. * Mémoires dutems.

L’Auteur de l’Hiftoire de l’Edit de Nantes nous aprend quela Cour ne voulut pas permettre à M. du Quêne d’aller finir fes

B Z y r jour*