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5 (1740) Lettres I - L
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216 J U P. J U R.

pluye. Les Athéniens avoient placé fa ftatue fur le Mont-Hy-mette. * Pomey, Panthcum Mytbicum, p. 19. édit. d’Utrecht,170t.

* JUPITER PRÆDATOR, fut ainfi furnommé, par-ce qu’on lui faifoit part de la proye remportée fur les ennemis.* Le même.

* JUPITER QUIRINUS. Ce furnom eft donné à Ju-piter par Virgile, Lucide, I. 6. v. 859-

Tertiaque arma Patri fufpcndct capta Quirino.

On prétend que c’eft le même que Jupiter Feretricn. * Le mê-me. Quelques-uns font d’un autre fentiment, & difent que lenom de Quirinus n’eft pas un furnom de Jupiter. Voyez fur cevers la remarque du Père La Rue, dans le Virgile in ufum Delphini.

JUPITER SPONSOR, eut ce furnom, lorfque Tarquinle Superbe lui bâtit un Temple à Rome, que Sp. Pofthumius,Conful, dédia l’an 289 de la fondation de cette ville, & 465ans avant Jéfus-Chrift. On l’appelloit aufïï Dius Fidius, parcequ’on l’invoquoit pour l’exécution des promeifes,& pour la fi-délité des paroles. Sponfor fignifie qui promet, ou préjtde aux pro-mejfcs. * Denys d’Halicarnaife, l. 6.

JUPITER STATOR , fut adoré fous ce nom , parcequ’il avoit arrêté la fuite des Romains pourfuivis par les Sa-bins, qui avoient déjà pris le Capitole. Stator vient de ftare, de-meurer, ou de fiftere, arrêter. Roraulus voyant fes troupesen déroute, fit vœu à Jupiter de lui bâtir un Temple,s’il pou-voit les rallier, & vaincre les ennemis. Audi tôt les Romainsreprirent courage, firent tête aux Sabins, & les chafférent deRome. Après cette victoire, Romulus fit bâtir au bas du Mont-Palatin le Temple qu’il avoit voué à Jupiter Stator. M. AttiliusRégulus, Conful l’an 460 de la fondation de Rome, & 294 a-vant Jéfus-Chrift, combattant contre les Samnites, fit aufli unvœu de bâtir un Temple à Jupiter Stator; & après avoir gagnéla bataille, il le fit conftruire dans le Cirque Flaminicn. Le Sé-nat s’afiembloit quelquefois dans le Temple de Jupiter Stator,comme nous l’apprenons de Cicéron. * 'l’ite-Live. Macrobe.

JUPITER ULTOR,ou/e Vengeur , eut ce furnom, pourmarquer qu’il punilfoit les crimes. Agrippa, gendre de l’Em-pereur Auguite,lui bâtit un Temple qu'il appella Panthéon, par-ce qu’étant rond, il répréfentoit le Ciel, qui eft la demeure detous les Dieux,ou parce qu’il y avoit des figures de toutes lesDivinitez des Romains; car nie en Grec fignifie tout, &Dieu. Le dôme étoit couvert de lames d’argent, que l’Empe-reur Confiant II enleva, fe contentant d’y en faire mettre deplomb. Le Pape Boniface VI le confacra à Dieu, en l’hon-neur de la Vierge & des Martyrs, & depuis il a été appelléSainte Marie de la Rotonde , à caufe de fa figure. * Denys d’Ha-licarnafle.

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TURA, MONT-JURA, ou MONT SAINT CLAU-J DE, montagne qui s’étend depuis le Rhin jufques près deGenève, vers le Rhône. Le grand Credo, le long de la mê-me rivière du Rhône, quatre lieues au defibus de Genève,fait partie du Mont-Jura, qui a des noms différons en France,en Suilîe & en Allemagne. On l’appelle le Mont S. Claude en-tre le Comté de Bourgogne & le Bugey; le Mont Joux vers lesfources du Dain & du Doux, & Picrreport ou Botzbcrg fur lesconfins de l'Evêchc de Bâle & des Cantons de Bâle & de So.leurre. 11 a fait autrefois la célèbre divifion de la Bourgogneen Transjurane & Cisjurane. * Sanfon. Baudrand.

JURA, Ifled’Ecofle, l’une des Wetternes, qui n’eft fépa-rée de la Prefqu’Ifie de Cantyr que par un canal d’une lieuede largeur. Elle peut avoir neuf lieues de long, & trois delarge. Il n’y a que des bourgs ou des villages, dont le princi-pal porte le nom de l’Ifie. * Maty, DiH. Géogr. Jura pafiepour un des païs les plus fains de toute l’Ecoffe, & à peinetrouve-t-on des hommes qui vivent plus longtems que danscette Ifle. Fille abonde en pâturages, enbeftiaux, en bêtesfauves, & on y trouve de très bon faumon, & plufieurs four-ces d’eau minérale. Le Duc d’Argile en eft Seigneur. * Etatde la Grande Bretagne, fous George 11, tome 2. p. 285.

IVRFi'E, ville d’Italie en Piémont, fur laDoria-Baltea, a-vcc titre d’Evêché SufFragant de Turin, & Marquifat, appar-tient au Duc de Savoye. Cette ville, que les Latins, nom-ment Eporcdia, fut bâtie, félon quelques Auteurs, cent ans a-vant la venue de Jéfus-Chrift. Elle eft dans le païs des an-ciens Salaires ;& a donné fon nom à ce Marquifat célébré fousBérenger, qui difputoit l’Empire contre les François, fortisdes Rois d’Arles. Anschaire étoit Marquis d’ivrée en870. Il eut de fa femme Volfia , Adelbert, Marquis d’i-vrée. Celui-ci époufa i°i Gcjlc, fille de Bcrengcr I dit le Vieil,Roi d’Italie, dont il eut B-Trenger II qui fuit; 20. Hcrmcn-garde, fille d 'Albert, furnommé le Riche, Marquis de Tofcane,dont il eut Anfchaire II du nom, Marquis d’ivrée, & Duc deSpolete, qui fut chaffé par Ilugues Roi d’Italie l’an 940.

Berenger II, Marquis d’ivrée, puis Roi d’Italie, mou-rut à Bamberg. Il époufa GiJIe, fille de Bozon Marquis de Tof-cane; dont il eut 1. Adelrert II qui fuit; 2. Conrad, quiépoufa Richilde; 3. Othon , père d’Ardouin; 4. Gui, tué en uncombat l’an 965 ; 5. Rofellc, que d’autres nomment Sufannc,femme d’Arnold li ou le Jeune, Comte de Flandres; 6. Gcrbcr-gc , femme d'^Icran Marquis de Montferrat ; & 7. Gijclle, dontnous ignorons l’alliance.

Adelbert II, Duc de Lombardie, Marquis d’ivrée, &Roi d’Italie, époufa Gerbcrgc, mère d'OmoN-GuiLE au-

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me, tige des Comtes de Bourgogne. La ville d’ivrée eft im-portante pour le Duc de Savoye, & eft une des clefs de fes E-tats. Elle eft fortifiée d’un bon château, & a été longtemsimpériale. Les Empereurs Frédéric II, & Guillaume Comtede Hollande, la donnèrent à Thomas de Savoye, II du nom,Comte de Maurienne en 1242, te 1252. Les Habitans fe fou-rnirent depuis, l’an 1313,à Philippe de Savoye, Prince de Pié-mont; & en 1349, Jean Marquis de Montferrat céda à AmèVI, Comte de Savoye, dit le Verd, une partie des droits qu’ilavoit fur Ivrée. Les François la prirent l’an 1554, pendantles guerres d’Italie,& en 1704. * Confultez l’Hiftoire de M. deThou; Guicbenon, FUJI, de Savoye ; Strabon; Pline; & quel-ques autres , rapportez par Léandre Alberti, DcJ'cript. Ital.

* IVRE E. ( Le Marquifat d’). Ce Marquifat étoit ancien-nement un Etat d’Italie, & fes Souverains étoient defeendusdes Rois d’Arles. Cet Etat comprenoit le Canavois ou Cana-véfe, qui eft la partie de Piémont entre la petite & la grandeDoria, leBielois, la partie occidentale du Verceillois, & lapartie du Montferrat Savoyard, qui eft entre le Canavéfe & lePô. Ce Marquifat ne fubfifte plus: on en donne pourtant lenom au Canavéfe qui n’en eft qu’une partie. * Maty, Ditt. Géogr.

JUREMENT. Voyez SERMENT.

JURET (F’rançois) natif de Dijon, capitale du Duché deBourgogne, étoit Chanoine de Langres avant 1583. Il fit desNotes fur les Epîtres de Symmaque & d’Yves de Chartres, quiparurent en 1580, & qu’il dédia à Jacques Gillot, Confeillerde la Grand’ Chambre, Doyen de Langres, & Chanoine de lafainte Chapelle de Paris. M. Colomiez parle de Juret avec é-loge dans fa Bibliothèque Cboifte, édit, de Paris 1731. 11 mourutle 21 Décembre 1626, âgé de plus de 70 ans. On trouve defes pièces de Poëfie dans le fécond tome des Délices des Poë-,tes François, p. 383. Thomafius en parle dans fon Traité duPlagiat, S. 477. * Konig, Biblioth. Vct. & Nova.

J U RG AN O ou GIURGEVO, petite ville de la Tur-quie en Europe, dans la Valaquie, à l’embouchure du Telezdans le Danube. On croit communément que c’eft l’ancienneFratcria ou Pratcria , ville de la Dace. * Baudrand.

IVRI. Voyez IVRY.

JURIEU, (Pierre) naquit le 24 Décembre 1637. Son pè-re étoit Daniel Jurieu , Miniftre de la Religion Réformée àMer , petite ville aujourd’hui du Diocéfe de Blois , diftin-gué par fon mérite & par fa piété : on a de lui quelquesSermons imprimez. Sa mère étoit fille de Pierre du Mou-lin Pafteur & Profefteur à Sedan. Pierre Jurieu fit une partiede fes études en Hollande & en Angleterre fous Mrs. Rivet &du Moulin fes ondes maternels. 11 reçut même les Ordres dansl’Eglife Anglicane ; mais étant rappellé pour fervir l’Eglife defon père, il fe fournit à l’Ordination ordinaire, de peur qu’onne voulût pas approuver celle qu’il avoit reçue dans les païs é-trangers. 11 fut prêté enfuite à l’Eglife de Vitri le François, quin’oublia rien pour obtenir entièrement fon Minirtére. C’eft làqu’il compofa fon Traité de la dévotion. Il s’étoit déjà fait con-noître au public en réfutant en 1670, un Projet de réunion detoutes les Seétes Chrétiennes, compofé par D'Huijfeau, Mini-ftre de Saumur. M. Jurieu fut appellé enfuite à Sedan où ilexerça la charge de Profeffeur en Théologie & en Hébreu,enattendant qu’il y eût dans l’Eglife une place vacante, qu’il ob-tint bientôt après. 11 s’aquit beaucoup de réputation dans faProfelïïon par fes Leçons, & par les foins qu’il fe donnoit pourdreflfer les Etudians à la Prédication. M. Jurieu n’imita pas laprudence & la modération de M. Le Blanc fon Collègue; iloutra dans fes Théfes la matière du Batême, & il entrepritd’en prouver la nécellité prefque abfolue, dans un Traité qu’ilpublia pour défendre fes Théfes contre les objections qu’onlui avoit faites. En 1673 , il écrivit fon Préfervatif contre le chan-gement de Religion, qu’il oppofa à PExpoJition de la Doctrine de l'E-glife Catholique parM. de Condom. Ce Traité fit beaucoup d’hon-neur à M. Jurieu, qui s’attacha à montrer que le Prélat avoitdéguifé les fentimens de fon Eglife. En 1675 , il publia la pre-mière partie de fon Ouvrage qui a pour titre la Justification dela Morale des Réformez contre les accujations de M. Arnaud, &c. CetOuvrage a paru tout entier en 1685. Comme on ôta en 1681,

F Académie de Sedan aux Réformez, M. Jurieu réfolut d’ac-cepter la vocation de celle de Rouen qui lui avoit été adrelTée.Mais ayant découvert que la Cour favoit qu’il étoit Auteur dela Politique du Clergé, il craignit qu’on ne lui en fit des affaires& il fe retira promptement en Hollande. A peine y fut-il ar-rivé, quel’Univerfitéde Groninguelui offrit une Chaire de Pro-fefleur; mais fes amis ayant établi en fa faveur une pareillecharge dans l’Ecole Uluftre de Rotterdam, il préféra ce féjourà l’autre qui étoit plus éloigné; & il fut fait Pafteur de l’EglifeWallonne de la même ville. 11 fit bientôt entendre les derniersEfforts de l'Innocence affligée. On s’apperçut aifément qu’il étoitdans un lieu de liberté, & que n’ayant plus rien à craindre, ildonnoit plus de carrière à fon imagination, Couvent trop vive,& à laquelle il s’abandonnoit. 11 s’attacha fortement à l’étudede l’Apocalypfe, & crut être convaincu d’en avoir découvertle fens par une efpéce de révélation divine qui lui apprenoitque la France étoit la place de la grande Cité fur laquelles lesTémoins étoient couchez & morts fans être enfevelis, & qu’ilsdévoient fe relever dans trois ans & demi, c’eft à dire en 1689.La révolution imprévue d’Angleterre le perfuada qu’il ne fetrompoit pas, & il écrivit fur ce fujet au Roi d’AngleterreGuillaume III , qu’il regardoit comme l’inftrument dont Dieudevoit fe fervir pour l’exécution de fes defleins. On a accuféM. Jurieu d’avoir imaginé cet artifice pour préparer les efpritsà une révolution plus grande ; mais ceux qui l’ont connu fa-vent qu’il agiffoit par préjugé, & par ce qu’il appelloit convi-ction. C’étoit-là fon grand foible. Quoi qu’il ne fut pas natu-relle-