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5 (1740) Lettres I - L
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J U N.

bonne partie de ce qu’on vient de dire a été tirée, que les hu-meurs d’une éréfipéle s’étant arrêtées tout d’un coup, lorfqueMars étoit rétrograde, lui produifirent à l’extrémité despiezune gangrène fcorbutique. Sur quoi l’on remarquera, pourjuger des fondemens de l’Aftrologie , que la rétrogradationd’une Planète n’eft qu’une fimple apparence, qui n’eft que dansl’erreur de nos yeux,& non pas dans la Planète: en forte quel’erreur de nos yeux aura la force de produire une gangrènefcorbutique. Godefroi & Louis Jungerman avoient un frèrenommé Gafpard, qui étoit homme de Lettres. * Bayle, DiS.Critique.

J UN GIUS (Adrien) Polonois, natif de Ploczko, mou-rut de pelle en 1607, à l’âge de 57 ans. 11 a écrit fur les im-poltures de l’Evangile nouveau, & avoit commencé d’écrirelur la Tranlfubllantiation. * Alegambe, p. 6.

* JUNGIUS (Joachim) naquit à Lubek en 1557. Aprèsavoir fait d’heureufes études, il alla à Gieffen où, tout jeunequ’il étoit, il compofa des Tragédies, & enfeigna la Logiquede llamus. 11 s’appliqua d’abord à la Métaphyfique, & enfui-te aux Mathématiques. Comme il fe difpofoit à apprendre laThéologie, il fut fait ProfelTeur en Mathématiques. Mais ilquitta cet emploi bientôt après, pour aller à Ausbourg où ilétudia la Médecine. De là il alla à Rollok, d’où il vint enItalie, où il prit le bonnet de Dofteur à Padoue. En 1624 ,il fut appellé ProfelTeur à Rollok, en 1625 à Helmllad pourla Médecine , & enfin à Hambourg pour la Phylique & pour laLogique. A force d’étudier dans fa jeunelTc il étoit devenuhydropique, &il mourut d’apoplexie en 1657. * Gr. DiS. Univ.Holl. Vogel, Hifi. vite & mortis Joachimi Jungii.

JUN 1 AS, Coulin de l’Apôtre faint Paul , fut prifonnieravec lui, & avoit été converti à la Foi avant cet Apôtre. 11le falue dans fon Epltrc aux Romains , eb. 16. v. 7.

JUNIE, ancienne familie de Rome, defcendue des Tro-yens. Tarquin fit mourir M. Junius & fon fils. L. Junius Bru-tus, de cette famille, chalfa Tarquin le Superbe & ayant faitmourir fes deux fils, ne laiffa point de poftérité ; car la famil-le des Junius, qui fut depuis à Rome, étoit Piébeïenne.

JUNICA 1 RE. Voyez JUNCAIRE.

JUNIE. Nous avons trois femmes Romaines de ce nom.La première eltJuNiA Silana, femme de Caius Silius, jeu*ne homme le mieux fait de Rome. Meffaline la fit chaflerpour jouir de fon mari. * Tacite, Annal. I. 11. 12. & 13. Lafécondé eil Junia Calvina, fœur de Silanus , accuféed’incelte avec fon frère exilé pour ce fujet, & rappellé parNéron. * Tacite, Annal. I. 12. La troifiéme eft Junia Fa*dilla, fur laquelle Voyez JULIA.

J UNI EN (Saint) Reclus, Abbé de Mairé dit VEvefcau,en Poitou, dans le IV fiécle, étoit forti d’une famille noblede Poitou , & né à Briou fur la Clovére. Il fut élevé chré-tiennement par fes parens. Quand il fut en âge, il fe renfer-ma en une cellule, dans un lieu appellé Cbaulnai. Il eut com-merce de Lettres avec fainte Radegonde, Abbelîe du Mona-llére de Sainte-Croix de Poitiers. Plufieurs perfonnes étantvenues pour fe mettre fous fa conduite, il fortit de fa cellule,& reçut près de lui un grand nombre de Solitaires. Il établitenfuite un Monaltére à Mairé, où il fit pratiquer la Régie defaint Benoît. Quoiqu’il fût chargé de la conduite de. ce Mo-nallére, il fe retiroit de tems en tems dans fa cellule. Il mou-rut le 13 Août 587 , le même jour que fainte Radegonde. Soncorps qui avoit été enterré à Mairé, fut tranfporté dans le IXfiécle à l’Abbaye de Noaillé. * Vita apud Mabillon. Saoul. LBenediS. Baillet, Vies des Saints, au mois et Août.

JUNILIUS, Evêque d’Afrique dans le VI fiécle, écrivitdeux Livres de la Foi divine par Dialogues, qu’il dédia à Pri-mafe, Evêque d’Utique, ou félon d’autres, àPrimafe, Evê*que d’Adruméte. Nous avons cet Ouvrage dans la Bibliothè-que des Pères ; & en particulier de l’édition de Bâle. Quel-ques Auteurs ont attribué à Junilius un petit Commentaire furles trois premiers Chapitres de la Genéfe ; mais il elt fûr quecet Ouvrage eft de Béde. * Sixte de Sienne, Biblioth. Sacra.Bellarmin & Trithéme, de Script. Ecclef. Polfevin, in Appar.Sacra.

* JUNING, ville de la Chine. Elle eft la huitième dela Province de Honan,& elle a treize villes fous fa jurifdiétion.* Maty, DiS. Géugr.

JUNIUS (Pierre) ouDEJONGIIE, naquitàHoorn dansHollande feptentrionale. Il fut d’abord Secrétaire de cetteville, & dans la fuite il en fut jufqu’à cinq fois Bourguemeftre.Il fut aulïï envoyé deux fois en Ambaflade au Roi deDanemarc,& une fois au Roi de Suède. Velius rapporte qu’il a vu uneChronique Latine de Hoorn compofée par Junius : mais elleeft perdue. C’étoit un homme de profond favoir & de grandeautorité. Il fut père d’Adrien Junius , qui fait le fujet d’undes Articles fuivans. * Gr. DiS. Univ. Holl.

* JUNIUS (Adrien) Miniftre Réformé à Amfterdam, mou-rut en 1650 à l’âge de 41 an. On a de lui, Opéra Analytico-praSica , en deux tomes ; La Confolation des Ecritures, en Hol-landois.

JUNIUS (Adrien) ou DE J O N G H E, naquit à Hoorn enHollande le premier Juillet 1511, félon fa Vie, qui eft à latête de fes Epîtres; & en 1512, félon Meurfius. Son père é-toit un homme de mérite & (avant, qui avoit été cinq foisBourguemeftre de Hoorn. Il fit à Harlem & à Louvâin fes pré-miéres études, après quoi il fe mit à voyager. Il vint d’aborden France, où il fut Difciple de Jaques Houlier, célèbre Mé-decin de Paris. De là il pafla à Bologne en Italie, où il fe fitrecevoir Dofteur en Médecine. Ayant enfuite parcouru l’Al-lemagne, il alla en Angleterre en 1543. Il fut Médecin duDuc de Norfolk, & y compofa quelques Ouvrages. De retour

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en Hollande , il fut appellé en Danemarc, pour y être Pré-cepteur du Prince Royal. Mais n’ayant pu s’accommoder auclimat, ni au génie de la Nation, il en partit brufquement, fansprendre congé du Roi: une de fes Lettres fait croire que celaarriva en 1564. Il s’établit à Harlem, où il pratiqua la Méde-cine ; fut chargé du Reftorat de l’Ecole Latine , & de lacommilfion d’écrire l’Hiftoire de Hollande conjointement avecd’autres Savans. Lorsque les Efpagnols eurent mis le fiége de-vant Harlem, il trouva le moyen d’en fortir j.pour aller voirle Prince d’Orange, qui avoit fouhaité de fe fervir de fes re-mèdes. La ville ayant été prife en 15 73 ^ on pilla fa Biblio-thèque & fes papiers. Il pafla en Zélande ; où la recomman-dation du Prince lui procura des apointemens pour pratiquerla Médecine dans Middelbourg. Mais l’air du païs lui fut con-traire, & il y gagna une maladie, qui jointe au chagrin que luiavoit caufé la perte de fa Bibliothèque, le fit mourir à Armui-den, près de Middelbourg,le 16 Juin 1575, à l’âge de 64 ansfélon les uns, & de 63 félon les autres. Junius avoit naturel-lement une mémoire fort étendue, qu’il avoit fçu mettre à pro-fit, en lui confiant un grand fond de Littérature ; car fans com-pter la Médecine, qui étoit faprofelfion, il étoit Hiltorien;Poète, Philofophe, & polfédoit outre cela huit fortes de Lan-gues, laGréque, la Latine, l’Italienne, laFrançoife, l’Efpa-gnolle, l’Allemande , TAngloife, & la Flamande. On a delui les Ouvrages fuivans, Cajfii Naturales & Médicinales Oueftio-nés 84, circa bominis naturam & morbos aliquot, Latinè, Adnano Ju-nio Interprété , & Grâce, exemplaris caftigatione adfinem adjcSa. Pa-ris, 1541 in quarto. Plutarchi Convïvalium Problematum Dccadesquinque cum feboliis brevibus, Lugduni, 1547, in oSavo; LcxiconGræco-Latinum auSum, 1548; De anno & menfibuS Commcntarius ,Fajlorum liber & Calendarium, Bafileæ, 1553, in oSavo; Pbilip-peis, feu Carmen Heroicum in nuptias Philippi II, & Marie RégineAnghæ, Londini, 1554, in quarto; Remarques fur la Pièce fabri-que de Sénéque, touchant la mort de P Empereur Claude , impriméesavec les Oeuvres de Sénéque, 1557 & 1613; Copie Cornu, ftve Occa-nus Enarrationum Homericarum ex Euftathii in cundtm Commentariisconcinnatum, Bafileæ, 1558, in folio ; Adagiorum ab Erafmo omijfo-rum Centurie 0S0 cum dimidia, Bafileæ 1558, inoSavo; Item, avecles Adages d’Erafme, Paris 1579, in folio; Pballi ex Fungorumgénéré in Hollandie fabulelis pajfrni crefcentis dejeriptio, & ad vivantexprcjfa figura, Delphis , 1564; in quarto; Item, Lugduni Ba-tavorum 1601, inoSavo; Nonius Marcellus, & Fulgcntius Placia-des de Prifco Scrmone rcllitutus, Antverpiæ 1565, in oSavo; Euna-pius de Vitis Pbilofophorum & Sophiftarum Grecè & Latinè, Ant-verpiæ 1568 , in oSavo ; Item Heidelbergæ 1596, in oSavo;Martialis Epigrammaton librï duodeeim, Xeniorum liber anus , cumScholiis Hadriani Junii, Antverpiæ 1568, in feize; Item, Argen-torati, 1595, in feize; Obfervationes in Plauti Comoedias, Bafileæ,1568, inoSavo; Emblcmata & Ænigmata, Antverpiæ 1569, infeize; Item, cum Appendice ; Lugduni Batavorum, 1596, infeize ; Hefychius Milefius de iis qui eruditionis famâ claruerunt, 1572&1615, in oSavo; Nonienclator omnium rerum propria nomina va-riis Lingms explïcata indicans, Paris, 1566, in oSavo; Item , Ant-verpiæ, Typis Plantinianis, 1577 , in oSavo ; Item, ibidem,1583, inoSavo; Item, Londini, 1585, in oSavo; Item, Fran-cofurti, 1596, in oSavo; Animadvcrfa & de Coma Commcntarius,Bafileæ, 1556, inoSavo; Item, Francofurti, 1604, in oSavo;eadem ab AuSore innumeris in loris emendata & infigiùbus fupplemcntislocupletata, accedit Appcndix Hadriani Junii ad Animadvcrfa fua , nuncprimum ex Cl. V. Autograpbo in lucem édita ex Bibliothcca CorncliïVanArckel, Roterodami, 1708, inoSavo; Joannis Ravifii Tex-toris Epitbetorum Epitome recognita 0 P auSa, in douze ; Batavia,Lugduni Batavorum, 1588, in quarto; Item, Dordraci, 1652»in oSavo; Epiftola Lucam ad Calpurnium Pifoncm emendata, Lipfiæ,1689, inoSavo; Adagiorum Compendium , Genevæ, 1593, inoSa-vo; Pdèmata pia & moralia, Lugduni Batavorum, 1598, in oSa-vo; Obfervationes in Pctronii Arbitri Satyricon, Francofurti, 1629,in quarto ; Epiftole & Oratio de Artium Liberalium dignitatc , Dor-draci, 1652, inoSavo. * Meurfius, Atbene Batave. MelchiorAdam, Vite Med. Germ. Valére André , Bibliotb. Bclgica , p.11 & 12. Le Père Niceron, Mémoires pour fervir à l'Hifl. desHommes Illuftres, tome 7. p. 399 & Jùiv. Bayle, DiS. Critiq. 4édition.

JUNIUS, (François) Ou DU JON,ProfelTeur en Théolo-gie a Leide, naquit a Bourges le premier Mai 1545. Sa famil-le étoit noble. Son père Denys du Jon, étoit Confeiller duRoi à Bourges. François Junius étudia en Droit fous HuguesDoneauà l’âge de 13 ans. Enfuite il pafla quelque tems àLyonou Barthélemi Aneau, Principal du Collège, lui donna de trèsbons confeils fur la méthode de bien étudier. Il fe vit expoféà deux fortes tentations dans fajeunefle, à l’amour & à l’im-piété; il réfifta vigoureufement à la première; mais il eut lemalheur de donner dans l’Athéifme, féduit par les fophifmesd’un Libertin. 11 ne demeura pas longtems dans ce malheu-reux état. De retour à Bourges, fon père s’apperçut de fa fitua-tion, lui fit de bonnes leçons & l’attira à la leéture du NouveauTeftament. Etant tombé fur le commencement de l’Evangilede St. Jean, il en fut II frappé que noïï-feulement il renonça àtout fentiment impie ,■ mais de plus il fe dégoûta de tout ce quine fe rapportoit pas à la piété. . Voici comment il s’exprimelui-même: Logo partent capitis, & itd ammoveor legens, ut repen-ti divinitatem argumenti & feripti majefiatem auSoritatemque fenferimlongo httcrvallo omnibus eloquentie bumantt fluminibus prtcuntan. Hor-rebat corpus, ftupebat animus, & totum ilium diem fie afficiebar, utquiejfem, ipfe mihi incertus viderer ejfe.... Ex eotempore, quuminme Deus tam poienter fpiritus fui virtute irrùijfct, alia frigidiùs & ne-gligcnliùs Icgcre & traSare cepi. De bis verff que ad pietatem per-tinent cogitare amplius, & ardentiùs in eis verfari. Au commence-ment des Guerres Civiles il alla à Genève, où il fe vit pendant

Dd 2 quel-.