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5 (1740) Lettres I - L
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J u L.

■rut l’an 1376, & on élut en fa place Ferdinand d'Heredia. *Bofio, Hift. de l'Ordre de faint Jean de JéruJ'alem.. Nabérat, Pri-vilèges de l'Ordre.

* J ULIADE, nom de deux villes dans la Judée, l’une bâ-tie par I-Iérode Antipas à l’embouchure du Jourdain dans leLac de Tibériade, nommée autrement Bctbfaïdc : l’autre prèsde l’embouchure du Jourdain, dans la Mer Morte fut bâtie aulieu ou étoit auparavant Bétharan ou Bétharampbta. * Dom Cal-met, DiB. de la Bible.

JULIAN US ( Afper ). Voyez JULIUS.

| U LIA S ou JULIE. Voyez JULIE ou JULIAS.

JULIE, (Sainte) Vierge «Martyre, étoit de Cartha-ge. Cette ville ayant été prife l’an 439 par Genferic, Roi desVandales, Julie fut vendue par dés foldats, & amenée en Sy-rie. Le Marchand qui l’avoit achetée, la vendit en ce pais àun nommé Eufébe, riche Marchand, qui l’embarqua avec lui,pour aller dans les Gaules. Etant arrivez au cap de Corfe,Eufébe defeendit pour aller célébrer une fête des Idolâtres. Ju-lie témoigna fon indignation contre ce culte Idolâtre. Celafut rapporté à Félix, Gouverneur du païs: il la fit enlever, &la follicitade facrifier aux Dieux. Sur le refus qu’elle en fit ,il lui fit arracher les cheveux, & la fit enluite attacher à un gi-bet. Les Moines de l’Ifle de Gorgone, à préfent rifle Mar-guerite, vinrent enlever le corps de cette fainte Vierge, & ily demeura jufqu’à ce que Didier, Roi des Lombards , le fittranlporter à Brefcia l’an 763, où il fut dépofé dans le Mona-ftére, qui porte le nom de fainte Julie. On fait fa fête au 22 deMai. * Æa apud Bolland. Dom Thierri Ruinart, Hift. Perfecut.Vandal. Baillet, Vies des Saints. Nouvelles Vies des Saints, chezLottin, à Paris, 1730.

JULIE, fille de Céfar, & femme de Pompée, mourut a-près avoir accouché d’une fille, peu de tems avant l’Ere Chré-tienne. Comme elle étoit le nœud de l’amitié que Céfar avoitliée avec Pompée, fa mort fit naître ces fatales divilions quiruinèrent la République. Pompée, qui étoit déjà fur l’âgelors qu’il l’époufa, l’aima tendrement: de forte qu’il parut mê-me pondant quelque tems, quitter le foin des affaires pour fepromener avec elle dans fes maifons de campagne, & pour s’oc-cuper uniquement de fon amour. * Lucain, Pbarfale, l. 9. v.1049. Plutarque, in Vïta Pompeii.

JULIE, fille unique de l’Empereur Augulte, elt renom-mée par fes débauches. Ce Prince l’avoit eue de Scribonie,& n’avoit rien oublié pour la bien élever. 11 la maria à Marcel-lus, puis à Agrippa dont elle eut trois fils & deux filles , Caius-Cé-far, Lucius-Céfar, Agrippa Pofthume ; Julie & Agrippine, mère deNéron. Tibère fut Te troifiéme mari de Julie, & en eut un en-fant , qui ne vécut point. Elle s’abandonna à toutes fortesd’infamies : ce qui irrita tellement fon père, qu’il la reléguadans rille de Pandataire, puis à la ville de Reggio, vers ledétroit de Sicile. Julie avoit été mariée à Tibère, qu’elle mé-prifoit, comme indigne de cet honneur ; mais lorsqu’il futparvenu à l’Empire, il fe vengea fi cruellement dey:e mépris,qu’elle mourut de faim dans fon exil, l’an 41 de jefus-Chrift.* Suétone, m Augufto & Tibcrio. Tacite, Annal. I. 1.

JULIE, fille d’Agrippa & de Julie, étoit petite-fille d’Au-gulte. Elle ne fut pas moins débauchée que fa mère, & futmariée à Emilius Lépidus, dont elle eut deux enfans. Augufiela relégua aulfi pour fes impudicitez, l’an 9 de l’Ere Chrétien-* ne, dans l’Ifle de Triméte, fur la côte de la Pouille, où ellemourut après vingt ans d’exil, entretenue par l’ImpératriceLivie, qui perfécutoit la Maifon d’AuguIte, lorfqu’elle étoitfloriffante, & la foulageoit quand elle étoit opprimée. * Taci-te, Annal. I. 3. c. 24: l. 4. c. 71.

JULIE, petite-fille de Tibère, elt différente de Julie,fille de Tite, que Domitien enleva à fon mari. Après l’avoirengrofféc, il la contraignit de faire perdre fon fruit : ce qui lafit mourir.

JULIE, (Domna) Syrienne de nation, & née dans la vil-le d’Eméfe, fut fécondé femme de l’Empereur Septime Sévè-re. Ce Prince n’époufa Julie, que fur la foi d’un horofeope,qui promettoit à cette femme de devenir femme de Souverain.Elle fit grand tort à fa réputation, par la vie déréglée qu’ellemena, & fut même acculée d’avoir trempé dans une conjura-tion contre fon mari. Plautien, Favori de Sévére, affeéta decreufer fes foupçons, & fit donner la queltion à plufieurs fem-mes de qualité, pour tirer de leur bouche, l’aveu du crime deJulie. Cette Princeffe , pour difiïper ces bruits, s’adonna à laPhflofophie, & fit venir à 1 a Cour ce qu’il y avoit de gens lesplus célèbres dans les Lettres. Après la mort de Sévére , elleeut la douleur de voir affalliner entre fes bras, Géta fon fé-cond fils, qu’elle aimoit tendrement, par Caracalla, fon fils aî-né. Quelque fenlible que lui fût ce parricide, elle n’ofa néan-moins le pleurer ; & l’avidité de commander lui fit prendre leparti de la dilfimulation. Caracalla, pour l’éblouïr, lui Iaiffaune apparence extérieure d’autorité, quoiqu’au fond il ne dé-férât pas beaucoup à fes confeils. Après la.mort de ce Prin-ce, qui fut tué l’an 217 de Jéfus-Chrill, elle fe Iaiffa mourirde faim, & d’un cancer qui la rongeoit depuis longtems. Sondefefpoir la pouffa à cette extrémité, lorsqu’elle vit qu’elle nepouvoit plus régner : & que d’ailleurs on la foupçonnoit devouloir s’emparer de l’Eilipire, pour gouverner à l’exemplede Sémiramis & de Nitocris.

Spartien & Aurélius Viétor prétendent que Julie n’étoitpoint mère de Caracalla, mais de Géta feulement; mais leurtémoignage ne doit point prévaloir contre celui de Dion , d’Op-pien, & fur-tout de Philollrate, qui étoit engagé trop avantdans la Cour de cette Princeflé, pour ignorer quels étoientfesenfans. Une Infcription qui étoit à Rome dans l’Amphithéa-tre, & qui doit s’entendre de cette Julie , appuyé l’opi-

J U L.

nion de ces derniers Auteurs. La voici :

J. O. M.

ET JUNONI REGINÆ.

PR O SALUTEM. AURELI 1 ANTONINIFEL. AUG.

ET JULIÆ AUG.

Ceux qui ont voulu que Julie ne«fût que belle-mére de Ca-racalla, ont aifément donné dans le conte fabuleux de fon in-ceite & de fon mariage avec ce Prince. Spartien qui Je rap-porte, raconte que Caracalla ayant vu fa belle-mére Julie tou-te découverte, dit, Je le voudrais bien, s'il n’étoit permis; &qu’elle répondit, Si vous voulez, il vous cft permis: de forte qu’ill’époufa. Mais il elt clair que ce fait elt faux, puifque Dion&Hérodien, qui n’ont point épargné Caracalla, n’auroientpas manqué de lui reprocher ce crime. * Spartien, in ScptimioScvero. Lainpridius , in Severo. Dion , l. 78. Hérodien , I. 5.Aurélius Viétor, in Epitome. Xiphilin. Philollrate. Triltan ,Commentaires. •

JULIE, ou Junie Fadille, arriére-petite-fille d’Antonin,qui époufa Maximin le Jeune.

JULIE, dite auffi Médulline & Camille, fut deftinée pour êtrela fécondé femme de l’Empereur Claude Céfar, mais elle mou-rut le jour de fes noces.

JULIE, femme Romaine, qui embraffa le Chriltianifme,& que faintPaul falue dans fon Epître aux Romains,cb. 16. v. 15.

JULIE de GONZAGUE, Ducheffe de Trayette, &Comteffe de Fondi. Voyez GONZAGUE.

JULIEN, (Saint) premier Evêque du Mans, & Apôtredu Maine, étoit Gentilhomme Romain, mais Infidèle. Il futconverti à la Foi par le Pape faint Clément, qui après l’avoirinftruit des Myitêres de la Religion, l’ordonna Prêtre pourl’envoyer dans le Maine, Province des Gaules, où Julien ar-riva l’an de Jéfus-Chriit 95. Il y prêcha avec tant de zélé,qu’en peu de tems prefque tout le peuple de cette Provinceembraffa la Foi, à l’imitation de leur Roi Défenfor, qui donnafon Palais pour bâtir une Eglife, laquelle elt aujourd’hui laCathédrale du Mans ; & fut après la mort de Julien , l’Apôtredes Angevins, & leur premier Evêque. Entre les aétions 111er-veilleufes de Julien, on dit qu’au village d’Artins, il chafl’a uneffroyable Dragon, qui y faifoit fa retraite dans un Temple dé-dié à Jupiter. Voulant fe préparer à la mort, il confia le foinde fon troupeau à Thuribe, pour fe mettre en retraite à qua-tre lieues du Mans, en un village nommé aujourd’hui faintMarceau, où elt une belle Chapelle dédiée à faint Julien, quidépend de l’Abbaye de faint Vincent du Mans. Ce fut làqu’il mourut au commencement de l’empire d’Antonin le Dé-bonnaire , vers l’an de Jéfus-Chriit 138 , après avoir gouver-né fon Diocéfe pendant 47 ans. * Bondonnet, des Evêquesdu Mans.

On ne peut contelter à faint Julien la qualité d’Apôtredu Mans, étant reconnu pour premier Evêque de cette ville;mais on n’a aucun monument ni du tems auquel il a vécu, nide fes aétions. 11 elt certain, que fuivant l’époque de la pu-blication de l’Evangile dans les Gaules, cet Evêque ne peut yavoir été envoyé par faint Clément. Sa Vie écrite par Lethal-de, Moine de faint Memin, près d’Orléans, dans le X ou XIfiécle, & tirée, à ce'qu’il dit, d’un Auteur plus ancien, eltpleine de fables, & ne mérite aucune croyance. * Baillet, Viesdes Saints, 28 Janvier.

JULIEN, (Saint) Martyr à Brioude, dans le III ou IVfiécle, étoit de Vienne en Dauphiné. Il faifoit profellion desarmes, quoique Chrétien, & demeuroit à Vienne avec le Tri-bun Ferréole, qui étoit aulfi Chrétien. Crifpin, Gouverneurde la Province Viennoife, ayant entrepris de faire exécuter lesEdits des Empereurs (on croit que c’elt fous Dioclétien) con-tre les Chrétiens, Ferréole obligea Julien de fe .retirer deVienne. Julien s’en alla en Auvergne, où il fe tint caché prèsde la petite ville de Brioude. Crifpin envoya des foldats aprèslui, qui lui tranchèrent la tête. Le corps de S. Julien fut por-té à Brioude. Grégoire de 'Tours rapporte une grande quanti-té de miracles faits fur fon tombeau. S. Germain , Evêqued’Auxerre, à fon retour d’Arles vers Tan 431, déclara que lafête de faint Julien devoit être fixée au 28 d’Août. Le Cultede ce faint Martyr a été établi en France, auffi-tôt après famort. * Grégoire de Tours-, de Gloria Martyrum, l. 2. VitaS.Gcrm. apud Surium. A ci a apud BoJ'quet. Baillet, Vies des Saints,au mois d'Août.

JULIEN, dit L’APOSTAT, parce qu’il abandonna laReligion Chrétienne, étoit fils de Jules Confiance , frère deConflantin le Grand. Confiance l’avoit eu de Baftline, après a-voir eu Gallus de Galla fa première femme. Julien naquit àConftantinople vers le mois de Juin de Tan 331, & fe nommedans fes médailles Flavius Claudius Julianus. 11 fut élevé danscette ville pendant les premières années de fa jeuneffe. Con-ftantin étant mort en 337, on foupçonna tous fes parens deplufieurs aétions criminelles, ce qui obligea le père de Juliende prendre la fuite. Marc Evêque d’Aréthufe contribua à l’é-vafion de Julien, qui auroit péri fans les foins de cet Evêque.Quand cet orage fut dilfipé, Julien apprit la Grammaire de l’Eu-nuque Mardonius, Payen. Il eut pour Maître de RhétoriqueEcebolius, homme fort inconftant dans la Foi. Ce fut à Ni-comédie, où l’Empereur l’avoit envoyé, afin que l’EvêqueEufébe, qui étoit fon parent du côté maternel, eût foin del’élever dans la piété. Malgré ces foins, ce jeune Prince futentièrement perverti par Maxime d’Ephéie, Philofophe & Ma-gicien. Son coufin Confiance fut averti de fa conduite; & Ju-lien

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