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hnprouva l’opinion des Efpagnols. Ces peuples fe vantentencore de polféder le corps de faint Jacques ; mais on croit àTouloufe qu’il y en a une partie dans l’Eglife de faint Saturnin.Choricr , Hillorien de Dauphiné , prétend que les Reliquesque les Efpagnols confervent, font d’un faint homme de cetteProvince, nommé Jacques (bien différent de l’Apôtre) qui a-voit été enterré, dit-il, au devant de l’Eglife des Echerolles,à une lieue de Grenoble, & dont la tête fut portée en Galice,j.es Curieux verront l’Epitre d’innocent I , à Décentius, &celle de Grégoire VII, aux Rois d’Efpagne. * Baronius, An-nal. tome 9. A. C. 816. Sponde, in Epit. A. C. 44. Godeau,Hift. Eccief. I. 1. ». 18. Chorier, Hifi. de Dauphiné, tome 2. /. 1.Scél. 8- />• 15. Doubdan, Voyage de la Terre Sainte.
JACQUES, (faint) à qui on a donné le furnom de MI-NEUR, Apôtre, frère de faint Jude, étoit fils de Cléophasou Cléopas & de Marie, fœur de la fainte Vierge, nommé dansl’Ecriture le Juflc, & le Frère, c’clt à dire, toujin du Seigneur. Ilfut appelle a l’Apoftolut par Jéfus-Chrift la l'econde année dela prédication de Notre-Seigneur. Nous ne trouvons rien departiculier touchant cet Apôtre dans les Evangiles jufqu’â la ré-lurrcétion du Sauveur du monde, qui lui apparut en particulier.Peu de tems après l’Afcenlion , même avant la defeente duSaint Efprit fur les Apôtres, il fut choiiî pour gouverner l’Egli-fe de Jérufalem, & en qualité d’Evêque, parla le premier aprèsfaint Pierre dans le Concile tenu par les Apôtres à Jérufaleml’an 49 ou 50. Saint Paul l’appelle une des colomnes de l’E-glife, & fa vie parut fi fainte, que Joféphe croit que la ruinede Jérufalem eft arrivée en punition de ce que les Juifs l’avoientfait mourir. Ânanus II, Grand-Sacrificateur des Juifs, le fitcondamner, & le livra entre les mains du peuple. Eufébe, a-près Hégéfippe, dit que les Juifs l’ayant preffé de defavouerpubliquement la doétrine de Jéfus-Chrift , il l’avoit foutenueavec une merveilleufe confiance; & que cette confeflion faitefur les degrez du Temple, mettant en fureur les Pharifîens fesprincipaux ennemis, ils le précipitèrent en bas, où un Foulonle tua d’un coup de levier ; & ainfi après avoir gouverné fonEglife environ 29 ans, il reçut la couronne du Martyre l’an 62■de Jéfus-Chrifi. Il y a des Critiques qui révoquent en doutecette narration d’Hégéfippe. Saint Epiphane dit que cet Apô-tre avoit permiflîon d’entrer dans le Sanétuaire du Temple: ceque la Loi n’accordoit qu’au feul Grand-Pontife. Saint Chry-foitome ajoûte que, fon allïduité à la prière lui avoit fait venirles genoux & le front aulli durs que le cuir d’un chameau. Nousavons de lui une Epître, qui efi la première entre les Catholi-ques , & qui efi adreffée aux Tribus d’ifraël difperfées, c’eft adire, aux fidèles d’entre les Juifs, qui étoient répandus en di-verfes Provinces. Luther l’a rejettée ; mais les Anciens l’ontreçue, comme on le peut voir dans les Conciles & les Pères.Outre cette Epître, il laifia une Liturgie, que nous avons fousfon nom dans diverfes éditions de la Bibliothèque des Pères, &qui eft autorifée par le témoignage de faint Cyrille, de Proclusde Conftantinople, du Concile de Conllantinople in Trullo, &c.quoique les ennemis de la Religion Romaine s’y oppofent detoute leur force. On attribue à faint Jacques un Evangile quia été mis entre les Livres Apocryphes. * Outre les Auteursanciens, Confultcz Torniel, A. M. 4018. ». 2. 4008. ». 7- 8*8.Baronius, in Appcnd.Annal. & A. C. 34. 5162. &c. Bellarmin,/. 1. de Vcrbo Del, c. 18- de Script. Eccl. &c. Henri de Valois,p. 250. A mot. in Hifi. Eufebii. Jean Morin, De Ordinationibus Ja-cris. Le Père Combefis, Auft. G. L. tome 2. p. 844. Pamelius,in Tcrtull. &c.
JACQUES, (Saint) natif de Nifibe, ville de Méfopota-mie, limitrophe de l’Empire des Perfes & des Romains, & quidépendoit alors des derniers, ayant mené une vie fort auftér.edans la folitude, & étant devenu célébré par fa confelïion fousl’Empereur Maximin, & par le grand nombre de miracles qu’ilfaifoit, fut élu Evêque de la ville dont il étoit. 11 ne quittapoint pour cela fa manière de vivre, il ne fit pas moins de mi-racles qu’auparavant ; & l’on dit même qu’il refifufeita des morts.Il aflifta au Concile de Nicée, où il condamna l’Héréfie d’A-rius. Théodoret rapporte que s’étant trouvé à Conllantinople,dans le tems qu'on vouloit obliger Alexandre, Evêque de cet-te Eglife, de recevoir Arius, il confeilla aux Catholiques d’a-voir recours à Dieu par le jeûne & par la prière, & de le priertous cnfemblc pendant fept jours, de leur accorder ce qui leurétoit le plus avantageux. Les Perfes ayant alïïégé par trois foisla ville de Nifibe en 338, 346 & 350, faint Jacques fit en cet-te occafion le devoir de Gouverneurs. d’Eveque;car non feu-lement il fit de ferventes prières pour fon peuple ; mais aulli ill’encouragea par fes exhortations à rebâtir un mur, à la placede celui que les affiégeans avoierit abbattu dans un de ces liè-ges: on croit que c’eft le dernier. Il monta lui-même fur lesmurailles de la ville, & il parut miraculeufement vêtu de pour-pre, comme s’il eût été l’Empereur. Enfin l’on dit qu’à faprière, Dieu envoya une multitude infinie de moucherons, quiincommodèrent fi fort les affiégeans, qu’ils les obligèrent à feretirer en défordre. Cette Hiltoire efi rapportée non feule-ment par Théodoret, qui a fait la Vie de ce Saint, dans fonOuvrage intitulé, Philothée, & qui parle encore de cette cir-conlîance dans fon Hiftoire, l. 2. ch. 30 : mais aulli par Philo-ltorge, que l’on ne peut pas foupçonner d’avoir favorifé Jac-ques de Nifibe. Saint Athanafe parle de ce Saint comme d’unEvêque qui avoit écrit pour l’Eglife. Si faint Jérôme ne l’apoint mis au nombre des Auteurs Eccléfiaftiques, c’eft, com-me il eft remarqué par Gennade, parce que ce Père ne favoitpas la Langue Syriaque, n’ayant lu les Auteurs Syriens, dontil parle, que dans leur Verfion : ainfi il ne faut pas s.’étonner dece qu’il ne fait point mention des Oeuvres de S. Jacques deNifibe, puifqu’elles n’étoient point traduites en Grec. Gen-
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nade en a fait le Catalogue ; il dit que l’Ouvrage de cet Auteurcontenoit vint-fix Livres ; mais il n’en nomme que vint-trois.Chaque Livre eft fur un fujet différent, comme fur la Foi;contre les Héréfies; un de la Charité en général, &c. On enpeut voir une lifte exaéte dans le IV fiécle de la BibliothèqueEccléliallique de M. Du Pin. Ce faint homme, félon Genna-de „ mourut fous Confiance, (peut-être en 350, après le fié-„ ge) & fut enfeveli,fuivant l’ordre de Conllantin, dans la ville„ de Nifibe, pour en être comme le défenfeur après fa mort;„ mais quelque tems après Julien étant entré dans cette vil-„ le, foit qu’il ne pût fouffrir la gloire de ce Saint, foit„ qu’il voulût faire injure à la mémoire de Conllantin , il„ commanda qu’on mît hors de la ville les Reliques de„ ce facré corps : de forte que peu de mois après, l’Em-„ pereur Jovien fut obligé , pour fauver l’Empire , de li-,, vrer cette ville aux Perfes, fous la domination defquels elle„ eft encore à préfent. ” Voilà ce que Gennade rapporte defaint Jacques de Nifibe. * Confultcz Théodore en fa Vie. Théo-doret, Hifi. I. 2. Saint Jérôme, in Ch-ron. A. C. 341. 346. 350.Gennade, in Calai, c. 1. Adon, inChron. Baronius,^. C. 325.». 26. 338. ». 18. & fuiv. 363. num. 18. DuPin, Biblioth. desAut. Eccléfiaftiq. du IV fiécle.
JACQUES (Saint) Hermite de Sancerre, mort en Berri,fi l’on en croit l’Auteur de fa Vie, étoit Grec de naiffance, filsde Félix & d’Herméne. Il fervit en Orient, du tems de l’Em-pereur Léon l'Arménien. Son frère Herpelin, qui avoit em-bralfé la vie folitaire, l’engagea à fuivre fon exemple. Ils fu-rent quelque tems enfemble près de Conftantinople, & enfuites’étant embarquez dans deux vaiffeaux dilFérens, Herpelin pé-rit, & Jacques, après avoir été pouffé fur les côtes d’Afrique,revint a Conftantinople. Il fe rembarqua pour aller en Italie,& fut encore jetté par la tempête en Paleitine. Après avoitvifité l’Eglife de Jérufalem, il fe rembarqua pour l’Italie, &arriva dans Pille de Corfe,où il fut pris pour un Efpion ;maisl’Evêque Pantaléon ayant reconnu fon innocence, le laifia al-ler à Rome. Jacques, après avoir été préfenté au Pape SergeII, partit de Rome pour venir à Gênes,où il demeura 14 ans.Enfin il vint en P rance l’an 859, & après avoir demeuré dansle Diocéfe de Clermont, il paffa dans celui de Bourges, où ildemeura dans un Monaltérc de faint Benoît, & de là fe retiradans la folitude de Sancerre, où il finit fes jours vers l’an 865.On fait fa fête au 19 de Novembre. * Vita apud Mabillon,part. 2. Bulteau, Hifi. Monafi. d’occident, l. 5. Baillet, Vies desSaints.
* J A C Q U E S. Il y a eu plufieurs Martyrs de ce nom. Ily en eut un qui fouffrit en Numidie en 259, avec Marien, &d’autres de la Paillon defquels on a les Aétes. Il y eut auffi unEvêque & un Prêtre ainfi nommez, qui fouffrirent le martyreen Perfe, environ l’an 345, dans la perfécution dont Sozoménta fait l’Hilloire.
ROIS D’ A R A G O N.
JACQUES, Idece nom, Roi d’Aragon, fuccéda à l’âgede fix ans à fon père P1 e r re II, furnommé le Catholique, tuéau fiége de Muret près de Touloufe, dans une bataille qui fedonna l’an 1213 contre Simon de Montfort. A l’âge de treizeans il époufa Eléonor, fœur de Ferdinand, Roi de Callille ; & dixans apres il la répudia avec difpenfe du Pape. Il conquit aulliles Royaumes de Majorque, de Minorque, de Valence & au-tres terres fur les Maures qui en étoient les ufurpateurs. IIdéfit les Princes qui s’étoient révoltez durant fa minorité dansfon Royaume, & s’acquit le titre de Guerrier ou de Belliqueux.Jacques tranfigea aulli avec le Roi S. Louis l’an 1258,pour quel-ques terres dans le Languedoc, à caufe de la Seigneurie deMontpellier, qui lui appartenoit du côté de fa mère Marie deMontpellier, & promit d’entreprendre la guerre contre les In-fidèles d’Orient; mais il n’y envoya que quelques vaifleaux. Sonpenchant violent pour les femmes, lui fit fouvent des affairesavec les Papes. Enfin ayant pris l’habit de l’Ordre de Cîteaux,il mourut le 27 Juillet 1276, âgé de 70 ans,après en avoir ré-gné 63. Il avoit eu de fon premier mariage avec Eléonor deCaftille 1. un fils nommé Alfonfc, qui ayant été reconnu par lesEtats d’Aragon héritier préfomptif de la Couronne, époufa en1260 Confiance, fille de Gafion VII, Vicomte de Béarn,& mou-rut peu après fans laifler de pollérité. Depuis ayant épouféVolant ou Violant, fille d’André, Roi de Hongrie, il eut de cefécond mariage 2. Pierre III, fon fuccefieur ; 3. Jacques ,Roi de Majorque, de Minorque, & d’Yviça, Comte àeRouf-iillon, de Cerdaigne, & de Conflans, Seigneur de Collioure& de Montpellier; 4. Toland, mariée à Alfonjé X, Roi de Ca-ftille; 5. Ifibclle, époufe de Philippe III, dit le Hardi, Roi deFrance; 6. Confiance, alliée à Emanuel, Prince de Caftille, frè-re du Roi Alfonfe X; 7. 8. Marie & Eléonor mortes en bas âge.
11 contraéla encore un troifiéme mariage avec une Demoifelle,nommé Théréfe de Bidaure, de qui il eut deux fils, 9. Jacques;& 10. Pierre, à qui il laifia plufieurs terres par fon te,damentde l’an 1272, & il les fubllitua aux deux Princes Jacques, &Pierre, en cas qu’eux ou leurs Defcendans mâles vinlïûrj-, amanquer, n’appellant les Defcendans des trois Princelfes fesfilles à fa fuccelfion, qu’après l’extinction de la pollérité maf-culine des deux fils de Théréfe, que plufieurs Hiftoriens ontnéanmoins traité de fils naturels. Jacques outre tous ces en-fans laifia encore deux fils naturels, Fcrrand-Sanche & Pierre-Ferrand, qu’il avoit eu foin d’enrichir dès fon vivant, ainfiqu’il le dit lui-même dans fon tellament, qu’on peut confulter.
* Spicil. tome 3 . p. 675. Surita, Hifi. I. 2. Mariana, l. 13. &14. Jérôme Blanc, de Reb. Aragon, &c.
JACQUES II, Roi d’Aragon, fils de Pierre III, fou-rnit