228 DE L’ESPUIT DES LOIS.
Justinien declara valables(i) tousles ma-riages que les lois Pappiennes avoient defen-dus. Ces lois vouloient qu’on se remariät: Jus-tinien (2) accorda des avantages ä ceux qui nese remarieroient pas.
Par les lois anciennes , la faculte naturelleque cliacun a de se marier et d’avoir des cn-fants ne pouvoit etre otee. Ainsi, quand 011recevoit un legs ( 3 ) ä condition de ne point semarier, lorsqu’un patron faisoit jurer (4 ) sonaff'ranclii qu’il ne se marieroit point et qu’iln’auroit point d’enfants , la loi Pappienne an-nulloit ( 5 ) et cetle condition et ce serment. Lesclauses en gardant. vid.uite , etablies parminous , contredisent donc le droit ancien , etdescendent des constitutions des einpereurs ,faites sur les idees de la perfection.
II n’y a point de loi qui conlienne une abro-gation expresse des Privileges et des honneursque les Romains paiens avoient accordes auxmariages et au nombre des enfants : mais lä oüle celibat avoit la preeminence il ne pouvoitplus y avoir d’honneur pour le mariage; et,puisque l’on put obliger les traitants a renon-cer ä tant de profits ]>ar Fabolition des jieines,011 sent qu’il fut encore plus aise d’öter les re-compenses.
(1) Leg. Sancimus, cod. de nupliis .—(2) Nov.127, cli. III; Nov. 118, cli. V.—i(t) Leg. L 1 V,ff. de condit. et demonst. —( 4 ) Leg. V, §. 4 1 dejure patronat. —( 5 ) Paul, dans ses sentenccs, liv.III, tit. XII, §. i 5 .