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[3.] De l'Esprit Des Lois 3 (1803)
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LIVRE XXII, CHAP, XXII. ll)I

Le pret a interet etant interdit par la loiGabinienne entre les gens des provinces et lescitoyens romains, etceux-ci ayant pour lorstout largent de lunivers entre leurs mains,il fallut les tenter par de grosses usures quifissent disparoitre aux yeux de Favarice le dan-ger de perdre la dette. Et, comme il y avoit äRome des gens puissants qui intimidoient lesMagistrats et faisoient taire les lois, ils furentplus hardis ä preter et plus liardis a exiger degrosses usures. Cela fit que les provinces fu-rent tour ä tour ravagees par tous ceux quiavoient du credit ä Rome; et, comme cliaquegouverneur faisoit son edit cn eritrant danssa province (i), dans lequel il mettoit a Fu-sure le taux quil lui plaisoit, Favarice pretoitla main a la legislation , et la legislation aFavarice.

Il faut que les affaires aillent; et un etatest perdu si tout y est dans linaction. Il y avoitdes occasions il falloit que les villes, lescorps, les societes des villes, les particuliers,empruntassent; et on navoit que trop besohldemprunter, ne füt - ce que pour subveniraux ravages des armees, aux rapines des ma-gistrats, aux concussions des gens daffaires,

(i) Ijedit de Cicfiron la fixoit a un pour Cent parmois,avec lnsure de Fusure au bout de lan. Quantaux fermiers de la republique, il les engagcoit a don-ner un delai ä leurs debileurs : si ceux-ci ne payoientpas au texnps fixe, il adjugeoit Fusure portee par lebillet. Ciceron a Atticus, liv. VI, lett. i.