l/|G DE l’eSPIUT DES LOIS.
gent represente bien toutes choses', et que d’un.autre toutes choses representent bien Fargent,et qu’ils sont signes les uns des autres, c’est-ä-dire que dans leur valcur relative on peutavoir l’un sitöt que Fon a Fautre. Celan’arrivejamais (jue dans un gouvernement modere,mais n’arrive pas toujours dans un gouver-nement modere: par exemple, si les lois fa-vorisentun debiteur injuste, les choses quiluiappartiennent ne representent point Fargent,et n’en sonl poinl un signe. A l’egard du gou-vernement despotique, ce seroitun prodigesiles choses y representoient leur signe: la ty-rannie et la mefiance font que tout le mondey enterre son argent (i): les choses n’y repre-sentent donc point Fargent.
Quelquefois les legislateurs ontemployeuntel art que non seulement les choses represen-toient Fargent par leur nature, mais qu’ellesdevenoien t monnoic comme Fargent meme (2).Cesar, dictateur, permit aus debileurs de don-11er en paiement a leurs creanciers des Fondsde terre au prix qu’ils valoient avant la guerrecivile. Tibere ( 3 ) ordonna que ceux qui vou-droient de Fargent en auroient du tresbr pu-hlic, en obligeant des fonds pour le double.Sous Cesar, les fonds de terre furent la mon-
(1) C’est un ancien usage ä Alger que cliaque perede famille ait un tresor enterre. Laugier de Tassis ,Histoire du royaume d’Alger.—(2) Voyez Cesar, dela guerre civile , liv. III.—( 3 ) Xacite, liv. VI.