140 DK L’ESPRIT DES LOIS.
le Bresil, qu’il faudra necessairement que leprofit des Espagnols diminue bientöt conside-rablement, et le lern- aussi.
J’ai oui piusieurs t'ois deplorer l’aveugiementdu conseil de Francois I, qui rebuta Chris-tophe Colomb qui lui proposoit les Indes. Enverite, on fit peut-etre par imprudence unechose bien sage. L’Espagne a fait comme ce roiinsense qui demanda que tout ce qu’il touche-roit se converlit en or, et qui iut o-blige de re-•veniraux dieuxpourlesprier de finirsa misere.
Les compagnies et les banques que piusieursnations etablirent acheverent d’avilir l’or etl’argenl dans leur qualite de signe ; car, parde nouvelles fictions, ils multiplierent telle-ment les signes des denrees, que l’or et Far-gentne lirenl plus cet office qu’en partie, eten devinrent moins preeieux.
Ainsi le credit public leur tint lieude mines,et diminua encore le prolit que les Espagnolstiroient des leurs.
il est vrai que, parle commerce que les llol-landais firent dans les Indes orienlales , ilsdonnerent quelque prix ä la marchandise desEspagnols; car, comme ils porterent de Far-genl pour troquer conlre les marchandises del’orient, ils soulagerent en Europe les Espa-gnols d’une partie de leurs denrees qui yaboiidoient trop.
Et ce commerce, qui ne semble regarderr,;u’indirectementl’Kspagne,luiesta\ antageuxcomme aux nations niemes qui le font.