LIVRE XXI, CHAT. XXII. l39
de l’impuissance des richesses de l’Espagne.
II y a environ deux Cents ans que I’on tra-vaillc les mines des Indes. Je suppose que laquantite d’argent qui est ä present dans lemonde qui commerce soita celle qui etoit avantla decouverle comme 3 a est ä i, c’est-a-direqu elle ait double cinq fois : dans deux Centsans encore la meme quantite sera ä celle quietoit avant la decouverte comme 64 est ä 1,c’esl-ä-dire qu’elle doublera encore. Or a pre-sent cinquante (1) quintaux de minerai pourl’or donnent quatre, cinq et six onces d’or; et,quand il n’y en a que deux, le mineur ne retireque ses frais. Dans deux Cents ans, lorsqu’iln’y en aura que quatre, le mineur ne retireraaussi que ses frais : il y aura done peu de pro-bt ä tirer sur l’or. Meine raisonnement surlargent, exceptequc le travail des mines d’ar-gent est un peu plus avanlageux que celui desmines d’or.
Que si l’on decouvre des mines si abondan-tes qu’elles donnent plus de profit, plus ellesseronl abondantes, plulöt le probt bnira.
Les Porlugais ont trouve tant d’or (2) dans
(1) "Voyez les Voyages de Frezier.— (9.) Suivantmylord Anson, l’Europe recoic du Rresil tous les auspour deux millions Sterlings en or, que l’on trouvedans le sable au pied des moutagnes, ou dans le litdes rivieres. Lorsque je fls le pelit ouvrage dont j’aiparle dans la premiere note de ce cliapitre, il s’enfalloit bien que les retours du Rresil fussent unobjet aussi important qu’il Test aufourd’buL.