LIVHE XXI, CHIP. XX. I27
beaux esprils. Des scholasliques s’en initiie-ren t, et prirent de ce philosophe (i) bien desexplicatio'ns sur le pret a inlerdt, au lieu rpieia source en etoit si naturelle dans l’evangile;ils le condamnerent indislinctement et danstousles cas. Par-la le commerce, qui n’etoitque la profession des gens vils, devint encorecelle des mal-honnetes gens'; car, toutes lesfois que l’on defend une chose naturellementpermise ou necessaire, on ne fait que rendremal-honnetes gens ceux qui la font.
Le commerce passa a une nalion pour lorscouverte d’infamie; et bientdt il ne fut plusdistingue des usures les plus alfreuses, desmonopoles, de la lcyee des subsides, et detous les moyens mal-honnetes d’acquerir del’argent.
Les Juifs ( 2 ), enricliis par leurs exactions,etoient pilies par les princes a\ec la meine ty-ranuie: chose qui consoloit les peuples, et neles soulageoit pas.
Ce qui se passa en Angleterre donnera uneidee de ce qu’on fit dans les autres pays. Le roiJean (3) ayant fait emprisonner les Juifs pouravoir leur bien, il y en eut peu qui n’eussent
(i) Voyez Aristote, Polit. liv. I, ch. IX et X.—■(2) Voyez dans Marca Hispanica les Constitution*d'Aragon des annees 1228 et 1201 ; et dans Brussel ,l’accord de l’annee 1206, passe entre le. roi, lacomtesse de Champagne, et Guy de Dampierre.—(8) Slowe , in his survey of London, liv. III, p. 54 -