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[3.] De l'Esprit Des Lois 3 (1803)
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120 DE leSPRIT DES LOIS.

fait, cest-ä-dire (le lenr porter de lor et delargent pour leurs marchandises. On com-merce encore avec eux de la meine maniere;la caravane dAlep et le vaisseau royal de Suezy portenl des sommes immenses (r).

La nature avoit destine les Arabes au com-merce ; eile ne les avoit pas.dest.ines ala guerre:mais, lorsque ces peuples tranquilles se trou-verent sur les frontieres des Parthes et desRomains, ils devinrent auxiiiaires des uns etdes autres. Elius Gallus les avoit trouves com-mercants ; Mahomet les trouva guerriers; illeur donna de lentliousiasme, et les voilä con-querants.

Le commerce des Romains aux Indes etoitconsiderable. Strabon ( 2 ) avoit appris enEgypte quils y empioyoient cent vingt navi-res: ce commerce ne se soutenoit encore quepar leur ai'gent: ils y envoyoient tous les anscinquante millions de seslerces. Pline (3) ditque les marchandises quon en rapportoit sevendoient ä Rome le centuple. Je crois quilparle trop generalement: ce profit fait unefois , tout le monde aura voulu le faire ; et,des ce moment, personne ne lanra fait.

On peut mettre en question sil fut avanta-geux aux Romains de faire le commerce de

( 1 ) Les earavanes dAlep et de Suez y portent deuxmillions de nolre monnoie, et il en passe autant enfraude : le vnisseau royal de Suez y porte aussi denxmillions.(?.)Liv. II, p. 8 j.(3)Li v. VI, eh. XX.HI.