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[3.] De l'Esprit Des Lois 3 (1803)
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LIVRE XXI, CHIP. XVI. 121

lArabie et des Indes. II falloit quils y envoyas-sent leur argent, et ils 11avoient pas commenons la ressource de lAmerique, qui supplee äce que nous envoyons. Je suis persuade quunedes raisons qui firent augmenter ehr-/, euxlavaleur numeraire des inonnoies, cest-ä-direetablir le billon, fut la rarete de largent, causeepar le transport continuel qui sen faisoil auxIndes; que si les marcliandises de ce pays sevendoient ä Rome le centuple, ce piofit desRomains se faisoit sur les Romains meines, etnenriehissoit point lempire.

On pourra dire dun autre cöte que ce com-merce procuroit aux Romains une grande na-vigation, cest-ä-dire une grande puissance ;que des marcliandises nouvelles augmentoientle commerce interieur, favorisoient les arts,entretenoient lindustrie ; que le norn re descitoyens se multipliuit ä proportion des nou-veaux moyens quon avoit de vivre ; que cenouveau commerce produisoit le luxe, quenous avons prouve etre aussi favorable augouvernement dun seul que fatal ä celui deplusieurs; que cet etablissement fut de meinedate que la cliute de leur republique; que leluxe ä Rome etoit necessaire, et quil falloitbien quune ville qui attiroit ä eile toutes lesrichesses de lunivers les rendit par son luxe.

Strabon (1) dit que le commerce des Ro-

(i) II dit, au livre XII, que les Romains y em-ployoient cent viugt navires ; et au livre XVII, queles rois grecs y en envoyoient a peine viugt.

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