Il8 DE i’kSPRIT DES E0IS.
ClIAPITRE XV.
Commerce des Romains avec les barbares.
Les Romains avoient fait de l’Europe, del’Asie, et de l’Afrique, un vaste empire: lafoi-blesse des peuples et la tyrannie du comman-dement unirent toutes les parties de ce corpsimmense. Pour lors la polilique romaine futde se separerde touteslesnationsqui n’avoientpas eie assujelties: la crainte ue leur porterl’art de vainere fit ncgliger l’art de s’enrichir.Ils firent des lois pour empecher tout com-merce avec les barbares. « Que personne, di-« sent (i) Valens et Gratien, n’cnvoie du vin,« de riiuile, ou d’autres liqueurs , aux barba-« res, meine pour en goiiter. Qu’on ne leur« porte point de l’or (2), ajoutent Gratien, Va-«lentinien, et Tlieodose, et que meme ce qu’ils« en ont on le leur 6te avec finesse. » Le trans-port du fer fut defendu sous peine de la vie ( 3 ).
Domitien , prince timide , fit arracher lesvignes dans la Gaule (4), de crainte sans douteque cette liqueur n’y attirät les barbares, com-me eile les avoit autrefois attires en Italie. Pro-bus et Julien, qui ne les redouterent jamais,en retablirent la plantation.
(1) Leg. Ad barbaricum, cod . quasres exportarinon debt ant .—(2) Leg. II, cod. de commerc. etmercator. —( 3 ) lbid. — (4) Procope, guerre desPerses, liv. I.