LIVRE XXI, CHIP. VIII. gi
bords de celte mer fussent habiles par des 11a-tions civilisers. Nearque et Onesicrite ont faitle journal de cette navigation , qui fut dedix mois. IIs arriverent ä Suse ; ils y trouve-rent Alexandre qui donnoit des fetes ä son ar-mee.
Ceconquerant avoit fonde Alexandrie dansla vue de s’assurer de l’Egypte : c’etoit uneclef pour l’ou vrir dans le lieu meme (1) oii lesrois ses predecesseurs avoientune clef pour lafermer; et il ue songeoit point a un commercedont la deeouverte de la mer des Indes pouvoitseule lui faire nailre la pensce.
11 paroit meme qu’apres celte deeouverte iln’eul aucune vue nouvelle sur Alexandrie. Ilavoit bienen general le projet d’ctablirun com-merce entre les Indes et les parties occiden-tales de son empire ; mais, pour le projet defaire ce commerce par FEgypte, il lui man-qtioit trop de connoissances pour pouvoir leformer. II avoit vu l’Indus , il avoit vn le Nil ;mais il ne connoissoit point les mers d’Arabie,
le livre Rerum illdicaritm, dit qu’ä Fextremite deeette cote, du cöte de la I , erse, il avoit trouve lespeuples moins iclithyopliages. .1 e croirois quel'ordretl’Alexandre regardoit cette contree, ou quelqueautre eucore plus voisine de la Perse.—(i) Alexan-drie fut fondee dans une plage appelee Racotis. Lesancicns rois y tenoient une garnison pour defeudrefentree du pays aux etraugers, et sur-tout aux Grecs,quietoieut, cpmme onsait, de grands pirates. Voyezl'liue, liv. VI, ch. X; et Strabon, liv. XVIII.