LIVRE XXI, CHAP. VIII. 8g
jusqu’aux montagnes des Paropamisades, de-pendoit bien en quelquefacon de l’empiredesPerses; mais, dans sa partie meridionale, eileetoit aride, brulee, inculte, et barbare. La tra-dition (i) portoit que les armces de Semiramiset de Cyrus avoient peri dans ces deserts; etAlexandre, qui se fit suivre par sa flotte, nelaissa pas d’y perdre nne grande partie de sonarmee. Les Perses laissoient toute la cöte aupouvoir des Ichtliyophages ( 2 ), des Orittes ,et autres peuples barbares. D’ailleurs les Per-ses (3) n’eloient pas navigateurs, et leur reli-gion meine leur ötoit toute idee de commercemaritime. La navigation que Darius fit fairesur l’Indus et la mer des Indes fut plutöt unefantaisie d’unprincc qui vcutmontrer sapuis-sance, que le projct reglö d’un monarque cjuiveut l’employer. Elle n’eut de suite ni pour lecommerce ni pour la marine; et si l’on sortitde l’ignorance, ce fut pour y retomber.
II y a plus: il etoit recu (4) , avant l’expcdi-tion d’Alexandre, que la partie meridionaledes Indes etoit inbabitable (5); ce qui suivoit
( 1 ) Strabon, liv. \Y.—('?.) Pline, liv. TI, cliap.XTCIII; Rlral)on,l. XV.—(3) Pour nepoint souillerles elements, ils ne naviguoient pas sur les ilenves.M. Hylde, religion des Perses. Eneore anjourd’liuiils n’ont point de commerce maritime, et ils traitentd’atliees ceuv qui vont sur mer.—(4) Stralion, 1. XV.—(5) Herodote , in Melpnmene, dit que Dariusconquit les Indes. Oela ne peut etre entendu que del'Ariane: eneore ne ful-ce qu’une conquete en idee.ESPR. DES LOIS. 3. 8