l88 BE l’ESPRIT DES LOIS.
douc pas reclamer contre eile. II n’en csl pasde meine de l’esclave: la loi de l’esclavage n’ajamais pu lni etre utile; eile est dans tousleseas contre lüi, saus jamais etre pour lui; ce quiestcontraireauprincipe fondamentalde toutesles societes.
On dira qu’elle a pu lni etre utile, parcequele maitre lui a donne la nourriture. II faudroitdonc reduire l’esclavage aux personnes inca-pables de gagner leur vie. Mais on ne veut pasde ces esclaves-lä. Quant aux enfants, la na-j ni e, qui a donne du lait aux meres, a pourvua leur nourriture; et le reste de leur enfanceest si pres de l’äge oü est en eux la plus grandeca]>acile de se rendre utiles, qu’on ne jiourroitpas dire que celui rpii les nourriroit, pour etreleur maitre, donnät rien.
L’esclavage est d’ailleurs aussi op]iose audroit civil qu’au droit naturel. Quelle loi ci-vile pourroit empecher un esclave de fuir, luiqui n’est point dans la societe, et que par con-sequent aucunes lois civiles ne concernent? IIne peut etre retenu que par une loi de famille,c’est-ä-dire jiar la loi du-maitre.
CHAPITRE III.
Autre origine tlu droit de l’esclavage.
.T’aime r.ois autant dire que le droit de lYs-clavage vient du imipris qu’une nation coneoitpour une autre, fonde sur la difference descoutumes.