LIVRE XV, CHAP. III. l8<)
Lopes de Gamar (i) dit « que les Espagnols«trouverent pres de Sainte-Marthe des pa-<< niers oü les habitants avoient des denrecs ;« c’etoient des cancres, des limaeons, des ci-« gales, des sauterelles. Les vainqueurs en fi-<( rent un crime auxvaincus. » L’auteur avoueque c’est lä-dessus qu’on fonda le droit qui ren-doit les Americains esclaves des Espagnols,outre qu’ils fumoient du tabac, et qu’ils ne sefaisoient pas la barbe ii l’espagnole.
Les connoissances rendent les homraesdonx; la raison porte a l’hutnanite: il n’y aque les prejuges qui y fassent renoncer.
C II API T RE IV.
Autre origine du droit de l’esclavage.
J’aimerois autant dire que la religiondonne a ceux qui la professent un droit dereduire en servitude ceux qui nela professentpas, pour travailler plus aisement ä sa propa-gation.
Ce fut cette maniere de penser qui encoura-gea les destructeurs de FAmeric[ue dans leurscrimes (a). C’est sur cette idee qu’ils fonderentle droit de rendre tant de peuples esclaves; carces brigands, quivouloient absolument etrebrigands et cbretiens, etoient tl’es devots.
(i) Eibliolli. ang. tomeXIlI, pari. II, art. 3.—( 2 ) Yoyezl’lnstoire de la couquete du Mexique, parSolls; ct ceile du Perou, par Garcilasso de la Vega.Esriv. des r.ois. 2, 17,