178 BE l’eSPRIT DES LOIS.
Les ( 1 ) Turcs, qui n’ont ä cet egard aucunepolice, voient les chretiens dans la nieme villeechapper au danger, et eux seuls perir: ilsachetent les liabits des pestiferes, s’eu vetem,et vont leur train. La doctrine d’un destin ri-gide qui regle tout fait du magistrat uu spec-tateur trauquille : il pense que Dieu a dejatout fait, et que lui u’a rien ä faire.
CHAPITRE XII.
Des lois contre ceux qui se tuent (2) eux-memes. 1
N ous ne voyons point dans les histoires queles Romains se fissent mourir sans sujet: maisles Anglais se tuent sans qu’on puisse imagi-ner aucune raison qui les y determine, ilssetuent dans le sein meine du bonheur. Cetteaction, cliez les Romains, etoit l’effet de l’edu-cation; eile tenoit ä leurs manieres de penseret ä leurs coutumes. Cliez les Anglais, eile estFeffet d’une maladie (3); eile tient a l’etat pliy-sique de la macliine, et est independanle detoute autre cause.
II y a apparence que c’est un defaut de fil-trationdu suc nerveux; la machine, dont les
(1) Rieaut, de 1 ’Empiie ottojnan, page 284.—■
(2) L’action de ceux qui se tuent eux-memes est con-traire 11 la loi naturelle et ä la religion revelee.—■
( 3 ) Elle pourroit bien etre compliquee avec le scor-but, qui, sur-tout dans quelques pays, rend mlboniirie bizarre etinsupportable ä lui-meme. Yoyagede Francois Pyrard, part. II, cliap. XXI.