i58 t>e i’esprit des lois.epargne au peuplc le spectacle des fortunes su- ibiles qui Faffligent. Par la regie, l’argent leve]>asse par peu de mains , il va directement auprince, et par consequentrevientpluspromp-temcnt au peu|>le. Par la regie, le prinee epar-gne au peuple urie infinite de mauvaises lois |qu’exige toujours de lui l’avarice importune 'des fermiers , quimontrent. un av an tage pre-sent dans des reglements funestes pour l’a-venir.
Comme celui qui a l’argent est toujours lemaitre de l’autre, le traitant se rend despoti-quesur le prince m4me; il n’est pas legisiateur,mais il le force a donner des lois.
J’avoue qu’il est quelquelois utile de com-mencer par donner ä ferme un droit nouvel-lement etabli: il y a un art et des inventions jpour prevenir les fraudes, que l'interet des ifermiers leur suggere, et, que les regisseursn’auroient su imaginer: or , le Systeme de laleveeetantune fois fait par le fermier,on peutavec succes dtablir la regie. En Anglelerre,Fadministration de Faccise et du revenu despostes , teile qu’elle est aujourd’hui, a cte eim-pruntee des fermiers. ,
Dans les republiques , les revenus de l’etatsont presque toujours en regie. L’etablisse- iment contraire lut un grand vice du gouver- inement de Borne (i). Dans les etats despoti- j
(i) Cesar fut oblige d’oter lespublicains delapro-vincc d’Asie, et d’y etablir une autve sorte d’admi-jiistration, comme noos l’apprenons de Dion. Et