LIVRE XIII, CIIAP. XI. I/|9
dans l’Asie ne levent presque rien sur les mar-cliandises qui passent. Que si, au Japon, lecrime de fraude dans le commerce est un crimeCapital, c’est qu’on a des raisons pour defen-dre toute communication avec les etrangers,et que la fraude (i)y est plutot une conlraven-'tion aux lois faites pour la sürete de l’etat,qu’ä des lois de commerce.
CHAPITRE XII.
Rapport de la grandeur des tributs avec la liberte.
Regle generale: on peut lever des tributsplus forts, ä .proportion de labberte des Su-jets ; et l’on est force de les moderer ä inesureque la servitude augmente. Celaa toujours eteet cela sera toujours. C’est une regle tiree dela nature, qui ne varie point; on la trouve partous les pays, en Angleterre, en Hollande, etdans tous les etats oü la liberte va se degra-dant, jusqu’en Turquie. La Suisse semble yderoger, parcequ’on n’y paie point de tributs:mais on en sait la raison particubere, et meineeile confirme ceque je dis. Uans ees montagncssteriles, les vivres sont si cliers et le ]>ays est
(i) Voulant avoir un commerce avec les etrangerssans se conimuniquer avec eux , ils out clioisi deuxnations ; la hollaudaise pour le commerce de l’Eu-rope; et la cliinoise pour celui de l’Asie: ils tiennentdans une espece de prison les facteurs et les matelots,et les genent jusqu’a faire perdre patience.