I.IVRF. X1T, 01TAP. XXTI. I2f)
Le prince tire si peu tl’u(!IiU: des comnlis-saircs, qu’il ne vaut pas la pcine qu’il cliangel’ordre des ehoses pour cela. II est moralemen tsür qu’il a plus l’esprit deproliite et de justiceque ses commissaires, qui se croient toujoursassez justifies par ses ordres, par nn obscurinteret del’etat ,par le clioix qu’on a fait d’eux,et par leurs craintes meme.
Sous Henri VIII,lorsqu’on faisoitleproccsä un pair, on le faisoit juger par des eommis-saires tires de la cbambre des pairs: avec cettemethode, on fit mourir tous les pairs qu’onvoulut.
CIIAPITRE XXIII.
Des espious dans la monarcliie.
Faut-tl des espions dans la monarcliie ? Cen’est pas la pratique ordinaire des bons prin-ces. Quand un homme est fidele aux lois, il asatisfait ä ce qu’il doit au prince. II faut aumoins qu’il ait sa maison pour asile, et lereste de sa conduite en sürete. L’espionnageseroit peut-etre tolerable, s’il pouvoit etreexerce par d’hopnetes gens; mais l’infamie ne-cessaire de la personne peut faire juger dePinfamie de la cliose. Un prince doit agil- avecses sujets avec candeur, avec franchise, avecconfiance. Celui qui a tant d’inquietudes, desoupeons et de craintes, est un acleur qui estembarrasse ä jouer sou rble. Quand il voitqu’en general les lois sont dans leür force, et
ESPR. DÜS LOIS. 2, 12