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[2.] De l'Esprit Des Lois 2 (1803)
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129
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I.IVRF. X1T, 01TAP. XXTI. I2f)

Le prince tire si peu tlu(!IiU: des comnlis-saircs, quil ne vaut pas la pcine quil cliangelordre des ehoses pour cela. II est moralemen tsür quil a plus lesprit deproliite et de justiceque ses commissaires, qui se croient toujoursassez justifies par ses ordres, par nn obscurinteret deletat ,par le clioix quon a fait deux,et par leurs craintes meme.

Sous Henri VIII,lorsquon faisoitleproccsä un pair, on le faisoit juger par des eommis-saires tires de la cbambre des pairs: avec cettemethode, on fit mourir tous les pairs quonvoulut.

CIIAPITRE XXIII.

Des espious dans la monarcliie.

Faut-tl des espions dans la monarcliie ? Cenest pas la pratique ordinaire des bons prin-ces. Quand un homme est fidele aux lois, il asatisfait ä ce quil doit au prince. II faut aumoins quil ait sa maison pour asile, et lereste de sa conduite en sürete. Lespionnageseroit peut-etre tolerable, sil pouvoit etreexerce par dhopnetes gens; mais linfamie ne-cessaire de la personne peut faire juger dePinfamie de la cliose. Un prince doit agil- avecses sujets avec candeur, avec franchise, avecconfiance. Celui qui a tant dinquietudes, desoupeons et de craintes, est un acleur qui estembarrasse ä jouer sou rble. Quand il voitquen general les lois sont dans leür force, et

ESPR. DÜS LOIS. 2, 12