Il6 DE I,’ESPRIT DES LOIS.
lorsqu’elles preparent, qu’elles accompagnent,ou qu’elles suivent, une action criminelle. Ourenverse tout si l’on fait des paroles un crimecapital, au lieu de les regarder coinme le signed’un crime Capital.
Les empereurs Theodose, Arcadius et Ho-norius, ecrivirent a Ruffin, prüfet du pretoire:« Si quelqu’un parle mal de notre personne ou« de notre gouvernement, nous ne voulonso point le punir ( i) ; s’il a parle par legerete ,« il faut le mepriser; si c’est par folie, il faut« le plaindre; si c’est une injure , il faut lui« pardonner. Ainsi, Jaissant les clioses dans« leur entier, vous nous en donnerez connois-« sance, afin que nous jugions des paroles par« les personnes, et que nous pesions bien si« nous devons les soumettre au jugement, ouo les negliger. »
CHAPITRE XIII.
Des ecrits.
Ij e s ecrits contiennent quelque eliose de pluspermanent que les paroles; mais, lorsqu’ils nepr'eparent pas au crime de lese-majeste, ilsne sont point une matiere du crime de lese-majeste.
(i) Si id ex levilatt.* processerit, contennlenihimcst; si ex insaina. miseratione dignissimum ; si abinjuria, remittendum. Xaig. uniea, cod. si qnis im -perat. maled.