104 DF. l' ESPRIT DES LOIS.
loyen miirite la mort lorsqu’il a viole la suretöau point qu’il a öte la vie, ou qu’il a entreprisde l’öter. Cette peine de mort est comme le re-inede de la societe malade. Lorsqu’on viole lasurete ä l’egard des biens , il peut y avoir desraisons pour que la peine soit ea])itale : mais i!vaudi'oit peut-etre mieux, et il seroit plus dela nature, que la peine des crimes contre lasurete des biens futpunieparlaperte des biens;et cela devroit etre ainsi, si les fortunes etoientcommunes ou egales. Mais comme ce sont ceuxqni n’ont point de bien qui attaquent, plus vo-lonliers celui des autres , il a fallu que la peinecorporelle suppleat a la pecuniaire.
Tout ce que je dis est puise dans la nature,et tres favorable a la liberte du citoyen.
CHAPITRE Y.
De certaines accusations qui ont particuliereraentbesoin de moderation et de prudeuce.
M axime importante : il faut etre tres cir-conspect dans la poursuite de la magie etde l’heresie. L’aceusation de ces deux cri-met peut extremement choquer la liberte, etetre la source d’une infinite de tyrannies , si lelegislateur ne sait la borner; car, comme eilene porte pas directement sur les actions d’uncitoyen, mais plulöt sur l’idöe que l’on s’estfaite de son caractere, eile devient dangereuseä proportion de l’ignorance du peuple; et pourlors un citoyen est toujours en danger, par-