zele des consciences timiues, et ceiui descon-sciences hardies.
Le mal est venu de cette idee, qu’il fautvenger la divinite. Mais il faut faire honorerla divinite, et ne la venger jamais. En effet, sil’on se conduisoit par cette derniere idee,quelle seroit la fin des supplices? Si les loisdes hnmmes ont a venger un etre infini, eilesse regleront sur son infinite, et non pas surles foiblesses, sur les ignorances, sur les ca-prices de la nature humaine.
Un historien (i) de Provence rapporte unfait qui nous peint tres bien ce que peut pro-duire sur des esprits foibles cette idee de ven-ger la divinite. Un Juif, accuse d’avoir blas-pheme contre la sainte Vierge, fut condamnea etre ecorche. Des Chevaliers masques, leoouteau a la main, monterent sur l’echafaudet en chasserent l’executeur, pour vengereux-memes l’honneur de la sainte Vierge. Je neveux point prevenir les reflexions du lecteur.
La seconde classe est des erimes qui sontcontre les moeurs. Teiles sont la violation dela continence publique ou particuliere, c’est-ä-dire de la police sur la maniere dont on doitjonir desplaisirs attaches a l’usage des sens eta l’union des corps. Les peines de ces erimesdoivent encore etre tirees de la nature de lachose : la privation des avantages que la so-ciete a attaches ä la purete des meeurs, les
(i) Le P. Bougerel.