100 DE l’lSPRIT DES DOIS.
Position d’un seul temoin sont fatales ä la li-berte. La raison en exige deux, parcequ’un.temoin qui affirme , un aecuse qui nie , fontnn partage; et il faut un tiers pour le vider.
Les Grecs (i) et les Romains ( 2 ) exigeoientune Yoix de plus pour condamner. Nos loisfrancaises en demandent deux. Les Grecs pre-tendoient que leur usage avoit ete etabli parles dieux (3); mais c’est le notre.
CHAPlfRE IV.
Que la liberte est favorisee par la nalurc des peineset leur proportion.
C’est le triomphe de la liberte, lorsque leslois criminelles tireiit cliaque peine de la 11 a-ture particuliere du crime. Tout l’urbitrairecesse: la peine ne descend point du capricedu legislateur, mais de la nature de la cbosc;etce n’est point l’homme qui faitviolence a1’homme.
11 y a quatre sortes de crimes. Ceux de lapremierc espece clioquent la religion; ceux deia second'e, les mcevirs; ceux de la troisieme,la tranquillite; ceux de la quatrieme,la suretedes citoyens. Les peines que l’on inflige doi-vent dcriver de la nature de cliacune de cesespeces.
(1) Voyez Aristide, oral, in Minervam. —(2) Denys d’Halicarnasse, sur le jugement de Co-riolau, liv. VII.—( 3 ) Minervat caloulus.