94 de i/esprit des tois.
citoyens, dans la republique, avoient par lanalure des clioses les emplois cl'vils et mili-taires. Cela fall qn’une republique qui con-quiert ne peut gurre cominuniquer son gou-vernement et regir l’etat conquis selon laforme de sa Constitution. En effet, lemagis-trat qu’eile envoie pour gouvrrner, ayant lapuissance executrice civile ot mi'ilaire, il lautbien qu’d ait aussi la puissance legislative ;car qui est-ce qui feroit des lois sans lui? IIfaut aussi qu’il ait la puissance dejugcr; earqui est-ce qui jugeroit independamment delui ? II faut donc que le gouverneur qu’eileenvoie ait les trois pouvoirs, comme cela futdans les provinces romaines.
Une monarchie peut plus aisement com-muniquer son gouvernement, pareeque lesofficirrs qu’eile envoie ont, les uns la puis-sance executrice civile, ct les autres la puis-sance executrice militaire; ce qui n’cntrainepasapres soi lc despotisme.
C’etoit un privilege d’üne .grande conse-quence pour un citoyen l’Oinain de ne pouvoiretre juge que par le peuple. Sans cela il auroitete soumis dans les provinces au pouvoir ar-bitraire d’un proconsul ou d’un propreleui'.-Laviüe ne sentoit point la tyrannie, qui nes’exercoit que sur les nations assujetties.
Ainsi dans le monde romain, comme äLacedemone, ceux qui etoient libres etoientextremement libres; et ceux qui etoieut es-claves etoient extremement esclaves.