■LIVRE XI, CIUI. XVIII. 89
teurs, jusqu’au temps des Gracques.TiberiusGracclras fit ordonner qu’on les prendroitrians celul des clievaliers.: changement sicon-siderable, que le tribim se vanta d’avoir, parnne seule rogation, coupe les nerfs de l’ordredes senateurs.
II faut remarquer que les trois pouvoirspeuvent etre bien distribues par rapport ä laliberte de la Constitution, quoiqu’ils ne lesoient pas si bien daus le rapport avec la li-berte du citoyen. ARome, le peuple ayant laplus grande partie de la puissance legislative,une partie de la puissance executriee, et, unepartie de la puissance de juger, c’etoit ungrand pouvoir qu’il falloit balancer par unautre. Le Senat avoit bien une partie de lapuissance executriee; il avoit quelquebrauchede la puissance legislative (1): mais cela nesuffisoit pas pour contre-balancer le peuple; ilfalloit qu’il eut par t a la puissance de juger; etil y avoit part lorsque les jnges etoient clioisisparmi les senateurs. Quand les Gracques pri-verent les senateurs de la puissance de ju-ger (2), le senat ne put plus resister au peuple.Ils choquerent donc la liberte de la Constitu-tion , ]iour favoriser la liberte du citoyen;mais celle-ci se perdit avec celle-la.
(1) Les seüatiis-consnltes avo/ent force pendaman an, c|iioiqu’ils ne fussent pas conlirines parlepeuple. Denys d’Halicarnasse, liv. IX, p. 5 g 5 ; et liv.XI, p. 735.—(2) Enl’au 63 o.