I.IVHF. IX, CHAP. VI. iA
capitale est prise, et le conquerant (lispute lesprovinces avec les gouverneurs.
La vraie pulssance d’un prince ne consistepas taut dans la facilite qu’il yaa conquerirque dans la difficulte qu’il y a ä l’attaquer, et, si■* j’ose parier ainsi, dans l’immutabilite de sacondition. Mais l’agrandissement des etats leurfait montrer de nouveaux cötes par oü on peutles prendre.
Ainsi, comme les monarques doivent avoirde la sagesse pour augmenter leur puissance,ils ne doivent pas avoir moins de prudencealin de la borner. En faisant cesser les incon-venients de la petitesse, il faut qu’ils aient tou-joursl’oeilsurles inconvenients de lagrandeuiv
) CHAPITRE VII.
Reflexions^
Les ennemis d’un grand prince qui asilong-temps regne l’ont mille fois accuse , plntöt, jecrois, sur leurs craintes que sur Ieurs raisons,d’avoir forme et conduit le projet de ia mo-narcliie universelle. S’il y avoit reussi, rienn auroit ete plus fatal a l’Europe, ii ses ancienssujels, a lui, a sa famille. Le ciel, qui connoitles vrais avantages, l’a mieux servi par des de-> faites qu’il n’auroit fait par des victoires. Au lieu
de le rendre le seid roi de l’Europe, il le favo-risa plus en le rendant le plus puissant de tous.
Sa nation, qui, dans les pays etrangers ,n’est jamais touchee que dece quelle a quitte;