LIVRE IX, CHAP. V. II
CH1PITRE V.
Comment la monarcliie pourvoit ä sa surete.
L a monarcliie ne se detruit pas elle-memecoinme l’etat despotique : mais un etat d’unegrandeur mediocre pourroit etre d’abord en-vahi. Elle a donc des places fortes qui defen-dent ses frontieres, et des armees pour defen-dre ses places fortes. Le plus petit terrain s’ydispute avec art, avee courage, avec opiniä-trete. Les etats despotiques font entre eux desinvasions; il n’y a que les monarclües quifassent la guerre.
Les places fortes appartiennent auxmonar-cldcs ; les etats despotiques craignent d’enavoir. Ils n’osent les confier ä personne ; carpersonne n’y aime l’etat et le prince.
CHAPITRE VI..
De la force defensive des etats en general.
Pou r qu’un etat soit dans sa force, il fautque sa grandeur soit teile qu’il y aitun rapportde la vitesse avec laquelle on peut executercontre lui quelque entreprise, et. la prompti-tude qu’il peut employer pour la rendre vaine.Coinme celui qui attaque peut d’abord paroi-tre par-tout,il faut que celui qui defend puissese montrer par-tout aussi; et par cousequentque l’etendue de l’etat soit mediocre , alinqu’elle soit proportionnee au degre de vitesse