DE l’eSPRIT DT.S LOIS. 25l
a bien dire quand vous etes effraye par lacraiute de dire mal, et qu’au lieu de suivrevotre pensee vous ne vous occupez que des ler-mes qui peuvent ccliapper a la subtilite descriliques. On vient nous mettre un beguin Surla tete pour nous dire ä chaque mot: Prenezgarde de tomber; vous vonlez parier commevous, je veux que vous parliez comme moi.Ya-t-on prendre l’essor ? ils vous arretent parla manche. A-t-on de la force et de la vie ? onvous l’ote ä eoups d’epingle. Yous elevez-vousun peu ? voilä des gens qui prennent leur piedou Ieur toise, levent la tete, et vous crient dedescendre pour vous mesurer. Courez - vousdans votre carriere ? ils voudront que vous re-gardiez toutes les pierres que les fourmis ontmises sur votre chemin : il n’y a ni Science uiiitterature qui puisse resister a ce pedantisme.Wotre siede a forme des dcademies, on vou-dra nous faire rentrer dans les ecoles des sie-cles tenebreux. Descarles est bien propre arassurer ceux qui, avec un genie infinimentmoindre que lesien, ont d’aussibonneshiten-tions que lui. Ce grand liommc fut sans cesseaccuse d’atheisme; et l’on n’emploie pas au-jourd’liui contre les athees de plus forts argu-ments qüe les siens.
D u reste nous ne devons regarder les sri-tiques comme personnelles que dans les cas oüceux qui les font ont voulu les rendre telles.II est tres permis de critiquer les ouvrages qui