DE l'e SPRIT DES LOIS. l85
telles, et qu’il a voulu conserver le monde. Ilii’en dit ni plus nl moins.
Je dirai loujours que le critique n’entend ja-mais le sens des clioses et ne s’attaclie qu’auxparoles. Quand l’auteur a dit que la creation,qui paroissoit elre un acte arbitraire, suppo-soit des regles aussi invariables que la fatalitedes athees, on n’a pas pu l’entendre commes’il disoit que la creation füt un acte necessairecomme la fatalite des athees, puisqu’il a dejacombattu cette fatalite. De plus les deux mem-bres d’une comparaison doivent se rapporter;ainsi il faut absolument que la plirase veuilledire: la creation, qui paroit d’abord devoirproduire des regles .de mouvement variables,en a d’aussi invariables que la fatalite desathees. Le critique, encore une fois, n’a vu etne vöil que les mots.
II.
/
Il n’y a donc point de spinosisme dans l’Es-prildeslois. Passons äuneautreaecusation, etvoyons s’il est vrai que l’auteur ne reconnoissepas la religion revelee. L’auteur, ä la fin duchapitre premier, |)arlant de Fliomme, qui estune inielligence finie, sujette a l’ignornnce etä l’erreur, a dit: « Un tel elre pouvoit a tous«les instants oublier son createur; Dieu l’a« rappelle ä lui par les lois de la religion. »
Il a dit au chapitre premier du livre XXIV:«Je n’examinerai les diverses religions du