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DE L’ESPRIT DES LOIS.
CIIAPITRE XYIII.
Charlemagne.
Charlemagne songea a tenir le pouvoirde la noblesse dans ses limites, et ä empeclierl’oppression du clerge et des hommes libres. IImit un tel temperament dans les ordres de l’e-tat, qu’ils furent contrelialances, et qu’il restale maitre. Tont fut uni par la force de son ge-rne. II mena continuellement, la noblesse d’ex-pedition en expedilion ; il ne lui laissa pas lelemps de former des desseins, etl’occupa toutentiere a suivre les siens.L’empire semaintintpar la grandeur du clief: le prince ctoit grand,l’homme l’etoit davantage. Les rois ses erxfantsfurent ses premiers sujets, les instruments deson pouvoir, et les modeles de l’obeissance. 11fit d’admirables reglements; il fit plus, il les fitexecuter. Son genie se repandit sur toutes lesparties de l’empire. On voit dans les lois de ceprince un esprit de prevoyance qui comprendtout, et une certaine force qui entralne tout.Les pretextes (i) pour eluder les devoirs sontötes, les negligences corrigees, les abus refor-mes ou pi'evenus. Il savoit punir; il savoitencore mieux pardonner. Vaste dans ses des-
(i) Yoyez sou capitulaire III, del’an 811, p. 4S6,art. 1,2, 3 , 4, 5 , 6,7 , et 8 ; et le capitulaire I, del'an 812, p. 490, art. 1 ; et le capitulaire de la menteannce, p. 49 4 5 art. 9 et 11, el autrcs.