46 de l’esprit des lois.
CH AP IT RE XVIII.
Du double Service.
C’etoit un principe fondamental de lamo-narcliie, que ceux qui etoient sous la ]>uissancemilitaire de queiqu’un etoient aussi sous sa ju-ridictioncivile: aussilecapituiaire(i)deLouis-le-Debonnaire, de l’an 8 i 5 , fait-il marclierd un pas egal la puissance militaire du comteet sa juridiction civile sur les liommes libres:aussi les placites (2) du comle, qui menoit a laguerre les liommes libres, etoienl-ils appelesles placites des liommes libres ( 3 ); d’oii re-sulta saus doule cette maxime, que ce n’etoitque dans les placites du comte, et non danscenx de ses officiers , qu’on ]iouvoit juger lesquestions sur la liberte: aussi le comte ne me-noit-il pas ä la guerre les vassaux des evequesou abbes (4), parcequ’ils 11’eloient pas sous sajuridiction civile: aussi n’y menoit-il pas lesarriere - vassaux des leudes : aussi le Glos-saire ( 5 ) des lois anglaises 11011s dit-il (6) que
(1) Art. 1 et 2, et le concile m Demo palatio,de l’an 84a, art. 8, ed&. deBaluze, tonie II, p. 17.—(2) Plaids ou assises.—( 3 ) Capitulaires, liv. IVdela Collection d’Anzegise, art. 57 ; et le eapitulaireVde Louis-le-Debonuaire, de l’an 819, art. 14, edit,de Baluze, tome I, p. 6id. —(4) Aovez,’pag. 42,la note 0 ; et p. 44, la uote 1.—( 5 ) Que l'ou trouvedans le recueil de Guillaume Laiubard, de priscisAnglorum. legibus. — (ü) Au mot satrapia. j