a*|8 ' DE l’f, SPRIT DES I.OIS. '
les princcs tomme des rlieteurs. Quandle styledes lois est enfle, on ne les regarde que commeun ouvrage d’ostentatlon.
II est essentiel que les paroles des lois re-veillent ehez tous les liommes les niemes idees.Le Cardinal de Richelieu convenoit que l’onpouvoit accuser un ministre devant le roi (1);mais il vouloit que Ton fut puni si les chosesqu’on prouvoit nctoient pasconsiderab!es:cequi devoit empecher toul le monde de direquelque verite que ee fut conlre lui, puis-qu’une chose considerable est entierement re-lative , et que ce qui est considerable pourquelqu’un ne Fest pas pour un autre.
La loi d’Honorius punissoit de mort celuiqui achetoit comme serf un affranclii, ou quiauroit voulu l’inquieter (2). II ne falloit pointse servil - d’une expression si vague: l’inquie-tude que Fon cause a un bonime depend enlie-rement du degre de sa sensibilite.
Lorsque la loi doil faire quelque vexation,il faut, autant qu’on le peut, eviter de la fairea prix d’argent. Mille causes cliangent: la va-leur de la monnoie, et avcc la meine denonii-nation 011 n’a plus la meine cliosc. On sait l’his-toire de cet impertinent (ä) de Home qui
(1) Testament politique. — (2) Aut quäliket nia-numissione donatum inquietare voluerit. Appen-dice au code Tlieodosien, dans le tonie I des Ofiuvresdu P. Sinnoud, p. 7'i7.—(3) Aulu-Gelie, liv. XX.,cli. I.