LIVRE XXIX, CHAP. XIII. */|3
Comme les lois civiles dependent des loispolitiques, parceque c’est toujours pour liuesoriete qu’elles sollt faites; il seroit bon que,quand 011 veul porter une loi civile d’une na-lionrhez une autre, on examinät auparavantsi eiles 011t toutes les deux les meines instilu-tions et le meme droit politique.
Ainsi, lorsque les lois sur le vol passerentdes Cretois aux Laeedemoniens, comme eilesy passerent avec le gouvernement et la Consti-tution meme, ceslois furent aussi sensees chezun de ces pcuples qu’elles l’etoient chez l’au-tre. Mais lorsque de Lacedemone elles furentportees ä Rome, comme elles n’y trouveren t pasla meme Constitution, elles y furent toujoursetrangeres, et n’eurent aucune liaison avec lesautres lois civiles des Romains.
CIIAPITRE XIV.
Qn'il ne faut poiut separer les lois des circonstancesdaus lesquellc-s elles ont ete faites.
XJne loi d’Athenes vouloit que, lorsque laville eloit assiegee, on fit mourir tous les gensinutiles (i). C’etoit une abominable loi politi-que, qui etoit une suite d’un abominable droitdes gens. Chez les Grecs, les habitants d’unevillepriseperdoient la liberte civile, et etoientvendus comme eselav es; la prise d’une villeem-portoit son entiere destruction: et c’csl l’ori-
(i) Inutilis aetas occidatur. Syrian in Hermog.