LIVRE XXV, CHAP. III. /| I
reux, et qu’il n’y a pas de gens plus malheu -reux que les criminels, on a ete naturellementporte ä penser que les temples etoient un asilepour eux; et cette idee parut encore plusnaturelle chez les Grecs, oü les meurtriers,chasses de leur ville et de la presence deshommes, sembloient n’avoir plus de maisonsque les temples, ni d’autres protecteurs que lesdieux.
Cecl ne regarda d’abord que les homicidesinvolontaires; mais lorsqu’on y comprii lesgrands criminels, on tomba dans une contra-diction grossiere : s’ils avoient offense les liom-mes, ils avoient ä plus forte raison offense lesdieux.
Ces asiles se multplierent dans la Grece.Les temples, dit Tacite (i), etoient rempiis dedebiteurs insolvables et d’esrlaves mechants;les magistrats avoient de la peine a exercer lapolice ; le peuple prolegeoit les crimes deshommes cotnme les ceremonies des dieux; le'Senat fut oblige d’en retrancher un grandnombre.
Les lois de Moise furent tres sages. Les ho-micides involontaires etoient innocents, maisils devoient etre otes de devant les yeux desparents du mort: il etablit donc un asile ( 2 )pour eux. Les grands criminels ne meritent.point d’asile; ils n’en eurent pas (3). Les Juifs
(1) Anual. liv. TT.—(2) Nomb. uhap. \XXY. —
( 3 ) Ibid.