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[4.] De l'Esprit Des Lois 4 (1803)
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LIVRE XXIV, CHAP. II. 7

quil est tres-utile que lon croie que Dieu est.De Fidee quil nest pas suit 1idee de notre in-dependance; ou, si nous nepouvonspasavoircette idee, celle de notre revolte. Dire que lareligion nest pas un motif reprimant parce-quelle ne reprime pas toujours, cest dire queles lois civiles ne sont pas un motif reprimantnon plus. Cest mal raisonner contre la reli-gion de rassembler dans un grand ouvrageune longue enumeration des maux quelle aproduits, si Fon ne fait de meme celle desbiens quelle a faits Si je voulois raconter tousles maux quont produits dans le monde leslois civiles , la monarchie, le gouvernementrepublicain, je dirois des choses effrovables.Quand il seroit inutile que les sujets eussentune religion, il ne le seroit pas que les princesen eussent, et quils blanchissent decume leseul frein que ceux qui ne craignent pas leslois humaines puissent avoir.

Un prince qui aime la religion et qui lacraint est un lion qui cede ä Ja main qui leHatte ou ä la voix qui Fappaise : celui quicraint. la religion et qui la hait est 'comme lesbetes sauvages qui mordent la chaine qui lesempeche de se jeter sur ceux qui passent: celuiqui na point du tout de religion est cet animalterrible qui ne sent sa liberte que lorsquildeehire et quil devore.

La question nest pas de savoir sil vaudroitmieux quun certain homme ou quun certainpeuple neut point de religion , que dabuset