LIVRE XXIV, CHAP. II. 7
qu’il est tres-utile que l’on croie que Dieu est.De Fidee qu’il n’est pas suit 1’idee de notre in-dependance; ou, si nous nepouvonspasavoircette idee, celle de notre revolte. Dire que lareligion n’est pas un motif reprimant parce-qu’elle ne reprime pas toujours, c’est dire queles lois civiles ne sont pas un motif reprimantnon plus. C’est mal raisonner contre la reli-gion de rassembler dans un grand ouvrageune longue enumeration des maux qu’elle aproduits, si Fon ne fait de meme celle desbiens qu’elle a faits Si je voulois raconter tousles maux qu’ont produits dans le monde leslois civiles , la monarchie, le gouvernementrepublicain, je dirois des choses effrovables.Quand il seroit inutile que les sujets eussentune religion, il ne le seroit pas que les princesen eussent, et qu’ils blanchissent d’ecume leseul frein que ceux qui ne craignent pas leslois humaines puissent avoir.
Un prince qui aime la religion et qui lacraint est un lion qui cede ä Ja main qui leHatte ou ä la voix qui Fappaise : celui quicraint. la religion et qui la hait est 'comme lesbetes sauvages qui mordent la chaine qui lesempeche de se jeter sur ceux qui passent: celuiqui n’a point du tout de religion est cet animalterrible qui ne sent sa liberte que lorsqu’ildeehire et qu’il devore.
La question n’est pas de savoir s’il vaudroitmieux qu’un certain homme ou qu’un certainpeuple n’eut point de religion , que d’abuset