6 DE l’ ESPRIT DES I.OIS.
theologien , mais ecrivain politique, il pour-j oit y avoir des choses qui ne seroient entiere-xnent vraies cjue dans une facon de penser hu-maine, n’ayant point ete considerees dans lerapport avec des verites plus sublimes.
A l’egard de la vraie religion, il ne faudraqne tres peu d’equite pour voir que je n’ai ja-mais pretendu faire ceder ses inte reis aux iu-terets politiques, mais les unir : or, pour lesunir, il faut les connoitre.
La religion chrctienne, qui ordonne auxliommes de s’aimer, veut sans doute que cha-que peuple ait les meilleures lois politiques etles meilleures lois civiles, parcequ’elles sont,apres eile, le plus grand bien que les hommespuissent donner et recevoir.
CHAPITRE II.
Paradoxe de Bayle.
M . Bayle (x) a pretendu prouver qn’il va-loit mieux etre athee qu’idolätre, c’est-ä-dire,en d’autres termes, qu’il est moins dangereuxde n’avoir point du tout de religion que d’enavoir une mauvaise.« J’aimerois mieux, dit-il,« que l’on dit de moi que je n’existe pas, que si«l’on disoit que je suis un mechant homme. »Ce n’est qu’un sophisme fonde sur ce qu’iln’est d’aueune utilite au genre humain quel’on croie qu’un certain homme existe, aulieu
(1) Pensees sur la comete, etc.