ai8 DE L’ESPRIT des lois.
LIV1IE VII.
CoXSEQUEXCES DES DIFFERENTS rRIXCirES DES TROIS
gouveuxesients r.ui rappout aus lois somrTüAi-
RES, AU I.UXE, ET A LA l OXDITiOK DES FEMMES.
CIIAPITRE PREMIER.
Du luxe.
Le luxe est toujours en proportion avecl’in-egalite des fortunes. Si dans un etat les riclies-s ’s sonl egalement partagees, il n’y aura pointde luxe; car il n’est fonde que sur les commo-dites qu’on sedonne par le travail des autres.
Pour que les richesses restent egalementpartagees, il laut que la loi ne donne ä ehacunque le necessaire physique. Si l’on a au-dela-,les uns depenseront, les autres acquerront, etl’inegalile s’etablira.
Supposan t le necessaire physique egal ä unesomme donnee, 1c luxe de ceux qui n’aurontque le necessaire sera egal ä zero; celui quiaura le double aura un luxe egal ä un ; celuiqui aura le double du bien de ce dernier auraun luxe egal ätrois; quand on aura encore ledouble, ou aura un luxe egal ä sept; de sorleque le bien du particulier qüi suit etant tou-jours suppose double de celui du precedent,le luxe croitra du double plus une unite, dans