201
I.TVRK TI, GUAR. XII.
De nos jours la (leserlion fut tres frequente:on etablit la peine de raort contre les deser-teurs, et la desertion n’est pas diininuee. Laraison en est bien nainrelle: un Soldat accou-tume tous les jours a exposer sa vie, en me-prise ou se Hatte d’en mdpriser le (langer. 11 esttous les jours accoulume a craindre la honte;il falloit (lonc laisser une peine (i) qui faisoitporter une fletrissure pendant la vie. On apretendu augmenter la peine, et on l’a reelle-menl diminuee.
11 ne faul point mener les hommes par lesvoies extremes; on doit elre menager desmoyens que la nalure nous donne pour lesconduire. Qu’on examine la cause de tous lesreläcliements , on verra qu’elle vient de l’im-punite des crimes, et non pas de la moderationdes peines.
.Suivons la nature, qui a donne aux liom-mes la honte connne leur fleau ; et que la plusgrande partie de la peine soit l’infamie de lasouffrir.
Que s’il se trouve des pays oü la lionte nesoit pas une suite du supplice, cela vient de latyrannie, qui a inflige les niemes peines auxscelerats et aux gens de bien.
Et, si vous en voyez d’autres oü les hommesne sont retcnus que par des supplices cruels ,romptez encore que cela vient en grande par-tie de la violence du gouvernement, qui a em-
(i) Ou feudoit le nez, on coupoit les oreilles.