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[1.] De l'Esprit Des Lois 1 (1803)
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190 de lesprit des iois.ment des crimes: ii vonlut que lareopage re-vit laffaire; que., sil croyoit laccuse injuste-ment absous (r), il laecusät de nouveau de-vant le peuple; que, sil le croyoit injustementcondamne (2), il arrilat lexecution, et lui fitrejugcr laffaire : loi admirabie, qui soumet-toit le peuple a la censure de la magistraturequil respectbit le plus, et a la sienne meine!

Il sera bon de mettre quelque lenteur dansdes affaires pareilles, sur-tout du moment quelaccuse sera prisonnier, afin que le peuplepuisse se calmer et juger de sang rroid.

Dans les etats despotiques, le prince peutjuger lui-m<bne. Il ne le peut dans les monar-cliies : la Constitution seroit detruite, les pou-voirs intermediaires dependants ancantis; 011verroit cesser toutes les formaliles des juge-ments; la crainte sempareroit de tous les es-prits; on verroit la päleursur tous les visages;plus de confiance, plus dbonneur, ]i!us d'a-mour, plus de süret'e, plus de moharehie.

Voici dautres reflexions. Dans les etats mo-narcliiques, le prince est la partie qui poursuitlesaccuses, et les fait punir ou absoudre; siljugeoit lui-meme, il seroit le juge et la partie.

Dans ces meines etats, le prince a souventles confiscations : sil jugeoit les crimes, il se-roit encore le juge et la partie.

(1) Demosthene, sur la couronne, p. i9/(. edit.de Francforl, de lan 1604.(2) Yove/. Pliilostrate,[Vie des Sophistes, liv. I; Vie d^setiii-i».