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[1.] De l'Esprit Des Lois 1 (1803)
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189
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CH AP IT RE V.

Dan» cpiel gouvernement le souverain peilt etre juge.

Mi c ii i av e l (i) attribue la perte de Ja li-berte de Florence ä ee que le peuple ne jugeoitpas en corps, eomnie ä Rome, des crimes delese-majeste commis contre !ui. II y avoit |)ourcelaliuit juges etablis: « Mais, dit Machiavel,

« peu sont corrompus par peu. » Jadopteroisbien la maxime de ce grand homrae; maiscorame dans ces cas linteret politique force,pour ainsi dire, linteret civil .(car cest tou-jours un inconvenient que le peuple juge lui-meme ses offenses); il faut, pour y remedier,que les lois pourvoient, autant quil est enelles, a la sürelc des ])arliculiers.

Dans cette idee, les legislateurs de Romefirent deux clioses : ils permirent aux accusesde sexiler ( 2 ) avant le jugement (3), et ils vou-lurent qufc les biens des condamnes fussentconsacres, pour que le peuple nen eüt pas laconfiscation, On verra dans le liyre XI les au-tres limitations que lon mit a lapuissance quele peuple avoit de juger.

Solon sut bien prevenir Tabus qne le peuplepourroit faire de sa puissance dans le juge-

( 1 ) Discours sur la premiere decade de TileAive,liv. 1, cliap. VII. (a)- Cela est bien expliqne dansloraison de Ciceron pro Coocinna, ä la fin.(3) Ce-toit une loi dAtlieues, comme il paroit par Demos»thcnp. Socrate rcfusa de sen servir.