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CH AP IT RE V.
Dan» cpiel gouvernement le souverain peilt etre juge.
Mi c ii i av e l (i) attribue la perte de Ja li-berte de Florence ä ee que le peuple ne jugeoitpas en corps, eomnie ä Rome, des crimes delese-majeste commis contre !ui. II y avoit |)ourcelaliuit juges etablis: « Mais, dit Machiavel,
« peu sont corrompus par peu. » J’adopteroisbien la maxime de ce grand homrae; maiscorame dans ces cas l’interet politique force,pour ainsi dire, l’interet civil .(car c’est tou-jours un inconvenient que le peuple juge lui-meme ses offenses); il faut, pour y remedier,que les lois pourvoient, autant qu’il est enelles, a la sürelc des ])arliculiers.
Dans cette idee, les legislateurs de Romefirent deux clioses : ils permirent aux accusesde s’exiler ( 2 ) avant le jugement (3), et ils vou-lurent qufc les biens des condamnes fussentconsacres, pour que le peuple n’en eüt pas laconfiscation, On verra dans le liyre XI les au-tres limitations que l’on mit a lapuissance quele peuple avoit de juger.
Solon sut bien prevenir Tabus qne le peuplepourroit faire de sa puissance dans le juge-
( 1 ) Discours sur la premiere decade de TileAive,liv. 1, cliap. VII. — (a)- Cela est bien expliqne dansl’oraison de Ciceron pro Coocinna, ä la fin.—(3) C’e-toit une loi d’Atlieues, comme il paroit par Demos»thcnp. Socrate rcfusa de s’en servir.